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11 septembre 2008

Liberté provisoire pour Mohamed Erraji

Sur le blog de Mounir, j'apprends que Mohamed Erraji a été libéré.

Voici une dépêche AFP sur le site du Monde qui confirme le tout :

Le blogueur Mohamed Erraji, condamné en première instance à deux ans de prison ferme pour avoir critiqué le roi, a bénéficié jeudi de la liberté provisoire, a indiqué à l'AFP Amina Bouayache, présidente de l'Organisation marocaine des droits humains (OMDH, indépendante).
Le procès en appel, qui a commencé jeudi à Agadir (sud), a été ajourné au 18 septembre. "Dans l'attente de la suite du procès, la cour a fait bénéficier Mohamed Erraji de la liberté provisoire", a ajouté Mme Bouayach.
Les avocats ont déployé tous leurs efforts pour obtenir la liberté provisoire pour M. Erraji, a-t-elle affirmé.Contacté par par l'AFP, un des avocats de M. Erraji, Me Ahmed Barchil, a confirmé l'information, se félicitant de la décision du tribunal."La justice a fait rentrer les choses dans la normale, et la vitesse avec laquelle elle a accordé la liberté provisoire à mon client montre qu'elle s'est rendue compte que le jugement de première instance n'était pas correct", a-t-il ajouté...
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Je ne suis pas sûr si cela devrait être vu comme un geste de bonne volonté mais c'est au moins un geste dans la bonne direction. Il reste maintenant à la justice marocaine d'absoudre complètement Erraji.

10 septembre 2008

Maroc, Thaïlande : Même combat !

Agence France-Presse

Un tribunal thaïlandais a ordonné la fermeture de quelque 400 sites web, dont 344 sont accusés d'avoir diffusé des contenus jugés offensants pour la famille royale, a rapporté mardi une organisation de défense de la liberté de la presse.
Selon la Southeast Asian Press Alliance (SEAPA), l'action de la justice fait suite à une enquête effectuée entre mars et août par le ministère thaïlandais des technologies de l'information et des communications, qui envisage des poursuites contre les personnes responsables de ces sites.
Par ailleurs, Reporters sans frontières (RSF) a déclaré mardi avoir pu rencontrer un auteur australien, Harry Nicolaides, emprisonné depuis le 31 août à Bangkok, sous l'accusation de crime de lèse-majesté, pour avoir publié en 2005 un livre dans lequel un passage critique le fils aîné du roi de Thaïlande.
«Je suis désolé que mes mots aient blessé», a déclaré à RSF M. Nicolaides, 41 ans. L'Australien, qui s'est vu refuser une libération sous caution, risque jusqu'à 15 ans de prison.
En Thaïlande, l'image de la famille royale est protégée par une législation extrêmement sévère. Le roi Bhumibol Adulyadej (80 ans) est le plus ancien monarque en exercice dans le monde.

8 septembre 2008

Que se cache-t-il derrière l'emprisonnement de Mohamed Erraji ?

La nouvelle s’est malheuresement confirmée, le blogueur Mohamed Erraji a bel et bien été interpellé et condamné de plus à 2 ans de prison ferme et à une amende de 5000 dh.
Il semble que le principal chef d’accusation retenu contre lui soit celui de ‘manquement au respect dû au roi’.
Un survol rapide du blog de Mohamed démontre une liberté de ton et un traitement de la chose politique au Maroc sans aucune censure ni ligne rouge. Les sujets des articles vont du baisemain dont certains marocains affublent le Roi, à la non réception des athlètes marocains participants aux jeux olympiques par le chef de l’état, en passant par une remise en question des festivités qui entourent la fête du Trône, à enfin l’état de la justice marocaine où il affirme que la justice ne saurait trouver son salut que par une stricte séparation des pouvoirs politiques et juridique (Les arabophone devraient d'ailleurs lire ce billet qui ironiquement s'applique très bien à la situation présente).
Il appert également par l’image qui accompagne ce billet qu’Erraji avait une opinion pour le moins non-conformiste de la question du Sahara marocain.
Ce qui est au moins sûr c’est que Mohamed Erraji est bel et bien un prisonnier d’opinion, que l’on soit d’accord ou pas avec ses positions là n’est pas la question, emprisonner un citoyen sur la base de ses opinions n’honore en rien le Maroc.

Je ne voudrais pas me lancer dans de profondes analyses politiques mais il me semble qu’avec le positionnement d’El Himma (dont la principale qualité est d’avoir été au collège royal) comme chef d’un parti politique qui en quelques mois a réussi le tour de rallier une quarantaine de députés à sa plateforme (et qui sera sans aucun doute le parti majoritaire aux prochaines élections législatives), la répression sans failles des manifestations de Sidi Ifni ainsi que les atteintes aux droites de l’homme (Fouad Mortada, Mohamed Bougrine, les différents procès aux journalistes…), le Makhzen semble vouloir reprendre le terrain concédé par feu Sa Majesté Hassan II et bien reprendre les reines du pays. Comme transition démocratique, on repassera !

Interpellation d'un bloggeur marocain ?

Le Maroc ne veut apparemment pas être en reste en ce qui concerne la répression de la liberté d’expression sur l’internet. Après l’affaire Mourtada, il appert qu’un blogueur (‘wanabe’ journaliste à ses heures perdues) a été arrêté pour un article qu’il aurait publié sur le site de hespress.com. Ce site de nouvelles électroniques en arabe affirme que Mohamed Erraji est en détention depuis vendredi dernier.
Larbi.org a traduit l’article incriminé en français, sinon on peut toujours le consulter en V.O arabe sur hespress.
On peut ou ne pas être d’accord sur les idées véhiculées par l’article et la liberté de ton qui s’en dégage, ceci n’est pas la question...

Il me semble que le Maroc n’a qu’à faire d’une 2e affaire Mourtada dont personne (Les pouvoirs publics et le Maroc en tant qu'entité) ne sortirait gagnant.
Attendons cependant de voir si cette nouvelle se confirme avant de sonner l’alarme.

19 février 2008

Liberté d'expression : Blog en grève !


Cela fait aujoud'hui 14 jours que Fouad Mourtada a été arrêté pour avoir commis l'erreur, mais pas le délit, de créer un profil sur Facebook au nom du prince Moulay Rachid, sans que ce profil ne contienne d'injures ou n'ait servi à des tentatives d'escroquerie. Son nom fût immédiatement livré en pâture au public, au mépris de toute présomption d'innocence, et il affirme avoir été frappé et maltraité lors de son arrestation. Il a initialement eu des difficultés à trouver un avocat disposé à le défendre. L'audience, prévue pour le 15 février dernier, a été reportée au vendredi 22 février, et la demande de mise en liberté provisoire a été rejetée.

Dans un contexte marqué par l'emprisonnement depuis près d'un an d'un militant de 72 ans de l'AMDH, Mohamed Bougrine, condamné à de la prison ferme pour avoir demandé, lors d'une manifestation pacifique, une réforme constitutionnelle (neuf de ses camarades sont également sont le coup de condamnations), et la mort à la prison de Settat d'un prisonnier d'opinion de 95 ans, Nasser Ahmed, emprisonné depuis septembre 2007 pour atteinte aux "valeurs sacrées", il est nécessaire de réagir.

Pour cette raison, ce blog sera en grève ce mardi 19 en solidarité avec Fouad Mourtada et les autres prisonniers d'opinion au Maroc.

Pour en savoir plus sur le cas de Fouad Mourtada, le site de son comité de soutien: http://www.helpfouad.com/ .

Pour en savoir plus sur le cas de Mohamed Bougrine et de ses neuf camarades, le blog de l'AMDH qui leur est consacré: http://www.insad-1mai.blogspot.com/

7 août 2007

Blogoma : Les réactions à la saisie de Nichane et TelQuel

La Blogoma est encore une fois en ébullition suite à la censure dont font l’objet les deux hebdomadaires Nichane et TelQuel. Ça discute, ça analyse, ça débat, ça critique, ça conteste et surtout ça exerce le droit que le Makhzen a refusé aux journalistes : Le droit d’expression.

Voilà quelques réactions :

What this proves, besides the remarkably thin skin of the Moroccan monarchy on any question concerning its own legitimacy (how is this even possible in modern times?) is the total ineffectiveness of censorship in the internet era. [Eatbees]

Encore une fois on va nous rabâcher ces histoire de presse responsable, de déontologie des medias, de sacralités, d’un certain programme bien ficelé pour porter attente à la transition démocratique… Enfin, et après un discours du trône aussi lourd en sens … le régime prouve qu’il est bel et bien disposé à mettre en œuvre son concept de Monarchie Exécutive Citoyenne qui ne saurait tolérer aucune sorte de remise en cause ! [Citoyen]

For Many moroccan this is a shame. What was in the magazines that deserves seizure. What did Nichane say. why Nichane? Well it is probably the only magazine of its kind that can be read and understood by many Moroccans. [Ghasbouba]

L'année 2007 devrait être proclamée l'année de la censure au Maroc! Le pays est en train d'annuler toutes les réalisations plus ou moins modestes dans le domaine de la liberté d'expression. Les exploits du Maroc dans la censure de l'Internet ne suffisent apparemment pas, la presse écrite est loin d'être en reste. [Motic]

Si l'objectif du pouvoir est de lasser et décourager les journalistes et les citoyens avec son tour de vis sécuritaire, il est probablement en train de réussir…Les marocains auront au moins l'opportunité de savoir qu'ils vivent dans un vrai État totalitaire au lieu de simulacre de démocratie qui n'amuse plus personne. [Abmoul]

It's really disheartening to have to write yet another post, about yet another problem in the Moroccan press, but it seems the wheels of censorship never stop.[Laila Lalami]

Et quelques voix dissidentes avec à leur tête Le guépard :

Je trouve dans l'ordre des choses que la loi sanctionne les journalistes qui ne se conforment pas à certaines règles, dont le respect dû aux institutions… Je pense que le point de vue d'ARB, qui est tout de même libre de penser ce qu'il veut et qui n'est pas poursuivi pour cela, est extrêmement dangereux. Heureusement, ARB et autres journaleux ne pèsent pas plus qu'un pet. Les chiens aboient, la caravane passe: le pays avance malgré tout. Le pays se réforme, des décisions se prennent, malgré tout.

6 août 2007

Liberté d'expression au Maroc : Retour à la case départ

Plus ça change, plus c’est pareil. On n’en finit plus de décrier les dérives du régime marocain : Atteinte à la liberté de la presse (Nichan, Tel Quel, Le Journal, Alwatan…), condamnation de prisonniers d’opinion, censure (GoogleEarth, Youtube…) …
Le danger c’est de se laisser faire et de s’habituer à ces exactions qui risquent de devenir la norme. Il faut rester vigilant et continuer à pointer du doigt les mauvais coups.

J’ai écrit le paragraphe ci-dessus le 25 juillet dernier. Une semaine plus tard je le ressors pour parler cette fois-ci de la saisie des deux hebdomadaires Nichane et TelQuel (indépendants) dirigés par le même journaliste Ahmed Benchemsi pour "manquement au respect dû au roi" et pour "des expressions contraires à la morale".

On remarque au passage le flou des textes de loi qui permettent au Makhzen de ne pas caractériser le délit avec précision et lui accoler, au contraire, la formule la plus vague possible et de justifier ainsi ses actions. Qui peut répondre alors avec certitude alors à des questions comme est-ce que discuter critiquer le discours du trône est un manquement au respect dû au roi ? Et est ce que placer les deux mots sexe et islam dans la même phrase est contraire à la moralité ?

Sûrement que nous n’avons pas le portrait global de la situation, de tous ces jeux de pouvoir qui doivent se tramer en arrière-plan et même de la raison réelle de l’interdiction de ces deux hebdomadaires ; par contre, une chose est au moins sûre : Qu’on ne vienne plus nous raconter des salades sur un processus de démocratisation quelconque du Maroc ou une plus grande liberté d’expression.

Update : L'éditorial
censé manquer au respect dû au roi est disponible chez Larbi en V.O ou traduit en français chez Ayoub.

25 juillet 2007

On prend les mêmes et on recommence !

Plus ça change, plus c’est pareil. On n’en finit plus de décrier les dérives du régime marocain : Atteinte à la liberté de la presse (Nichan, Tel Quel…), condamnation de prisonniers d’opinion, censure (GoogleEarth, Youtube…) …
Le danger c’est de se laisser faire et de s’habituer à ces exactions qui risquent de devenir la norme. Il faut rester vigilant et continuer à pointer du doigt les mauvais coups.

Ainsi, Le parquet marocain a décidé mardi d'écrouer un journaliste d'al Watan al An et d'accorder la liberté provisoire au directeur de l'hebdomadaire, après la publication de "documents confidentiels des services de renseignement".
Il est ainsi reproché à ces deux journalistes d’avoir publié des informations contenues dans des documents classés secret défense.

Dans un pays normalement ‘constitué’, une enquête aurait pu être ouverte pour déterminer la provenance de la fuite qui a permis à des journalistes de mettre la main sur de tels documents mais on n’aurait en aucun cas commencé par les emprisonner.
Le Maroc est parait-il dans un processus de démocratisation, qu’est ce qu’il en serait si on était encore dans les années de plomb ?

Update : Pour des détails plus juridiques, faites un tour sur le blog de maître Kafka qui y va d'un excellent post.

D'ailleurs à sa lecture, je me rends compte que ce dossier n'est pas aussi simple que je le pensais. Mea Culpa. Ceci dit, on ne devrait pas permettre alors à n'importe qui de se constituer journaliste ou plutôt les journalistes devraient se doter d'un réel code de la presse.



29 juin 2007

Le Wisconsin n'est pas le Maroc

Ci-dessous une traduction d'un article paru dans le Charleston Daily mail en date du 28 juin 2007 où il est question de liberté d’expression, de lèse-majesté, de critique et du fait que le Wisconsin n'était pas le Maroc.
Si vous voulez lire l’article écrit pas Don surber en anglais, c’est par là.

Lundi dernier, le sénateur Russ Feingold du Wisconsin a enfin eu son compte de la part de la cour suprême des Etats-Unis. La cour a statué que le sénateur n’était pas au dessus de la critique en période électorale malgré la loi qu’il avait fait adopter et qui porte son nom : Trois juges de la cour lui ont même rappelé que le Wisconsin n’était pas le Maroc.

Feingold avait prêté son nom à la loi McCain-Feingold, appelée aussi la ‘réforme de la campagne’ mais qui est en fait une autre tentative du Congrès pour museler la critique. D’ailleurs le fait que le Président Bush ait accepté de signer une telle monstruosité montre bien que certaines critiques avaient raison quand ils se moquaient de son intelligence.

La disposition principale de cette ‘réforme’ est une restriction des publicités politiques en période électorale. Pas celles des politiciens biensûr : Les sénateurs peuvent faire passer toutes les publicités que leurs gros donateurs sont prêts à payer. Cette ‘réforme de la campagne’ ressemble à un alcoolique qui suivrait une cure de désintoxication en interdisant à sa femme de boire.

Étonnamment la cour suprême avait maintenu la loi McCain-Feingold en 2003 dans une décision rendue par la juge Sandra Day O'Connor dans un verdict partagée de 5-4.

Lorsque la juge O'Connor a pris sa retraite, John Roberts a été choisi pour la remplacer. C’est alors que le président de la cour est mort et Roberts l’a remplacé. Et c’est finalement Sam Alito qui a pris le siège de O’Connor.

Entre-temps, un procès concernant l’association Wisconsin Right to Life faisait son chemin dans le dédale de la justice. Wisconsin Right to Life avait osé faire passer des publicités juste avant les élections de 2004 pour critiquer les positions pro vie de deux sénateurs de cet état. L’un deux, Feingold, voulait se faire réélire. Les publicités de cette association violaient donc la loi McCain-Feingold.

Malheuresement, la décision du juge en chef Roberts n’a pas complètement mis aux poubelles cette loi mais une opinion exprimée par la juge Antonin Scalia indique qu’au moins 3 juges de la cour voudraient le faire.

Ce qui nous ramène au Roi du Maroc, la juge Scala écrit dans son compte-rendu :

‘Un caricaturiste marocain s’est défendu d’avoir critiqué le Roi du Maroc (la lèse-majesté étant un crime sérieux au Maroc) par ce qui suit : ‘Je ne suis pas un révolutionnaire, je ne fais que défendre la liberté d’expression... Je n’ai jamais dit qu’il faut changer de roi. Non, non, non ! Tout ce que j’ai dit c’est que certains gestes du roi, je ne les aimais pas. Est-ce que c’est un crime ?’

‘Aux Etats-Unis (en faisant abstraction du fait que nous avons des élus à la place d’un roi), c’est un crime, du moins si cette personne fait partie d’une association ou d’une corporation (incluant les associations à but non lucratif) et si l’élu est identifié par son nom et ce en campagne électorale !

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18 janvier 2007

Sad news


Triste journée que celle où le petit-fils d'un des signataires de la déclaration d'indépendance du Maroc se voit forcé à l'exil. Je me joins à ce que certains amis de la blogosphère ont écrit là et là. Et je voudrais exprimer mon désarroi devant la tangente qu'a pris le pouvoir marocain quant à la liberté de la Presse. Ainsi, aprés les épisodes de TelQuel, le procès à Nichane, voilà un autre pilier de la 'presse libre' qui est à genoux.
Il y a un an j'écrivais : 'Enfin, au niveau marocain, la mascarade du 'procès' de TelQuel me désespére de voir un jour le 'Tiers-Monde' remonter la pente. Entre les 'macro-nouvelles' que nous livrent les organes de presse et les 'micro-nouvelles' que j'obtiens des personnes vivants encore au Maroc, il n'y a pas de quoi pavoiser ni même d'ésperer un changement quelconque survenir de sitôt.' Le constat n'a pas vraiment changé depuis.