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27 septembre 2010

L'état de droit : Exemples

Une vidéo diffusée sur Facebook et montrant un viol collectif ? Il n'en faut pas plus pour que les services policiers s'en mêlent pour faire enquête et arrêter la diffusion de cette vidéo.

C'est ce qui s'est passé la semaine dernière à Pitt Meadows, à l'est de Vancouver, lorsque la Gendarmerie Royale du Canada a arrêté un homme de 18 ans à la suite du viol d'une adolescente de 16 ans par cinq à sept hommes lors d'une fête. Des photos et une vidéo des événements ont été prises. La GRC tente toujours d'arrêter leurs diffusions sur l'internet. Elles ont été retirées du site de réseautage Facebook, mais les images ont réapparu à d'autres endroits sur le web.

Cependant, dans une autre partie du globe, au plus beau pays du monde pour être précis, une vidéo* d'un viol collectif se propage comme une trainée de poudre sur Facebook sans qu'aucun corps policier ne prenne action pour y mettre fin ou enquêter sur ce crime. Ce sont plutôt les militants des associations de défense des droits de l'homme qui font campagne pour dénoncer ladite vidéo pour qu'elle soit retirée du web. Mais, c'est vrai que dans ce pays, les policiers ont plus tendance à torturer les citoyens qu'à les protéger.

*Je ne mets pas le lien vers cette vidéo par souci de respect envers la victime et pour ne pas sombrer dans le voyeurisme primaire.


Update : La vidéo a été enlevée. 

15 décembre 2009

Maroc : Un blogueur et un proprietaire de café internet condamnés à de la prison ferme

Condamnations prononcées aujourd'hui par le tribunal de Guelmim :  Le blogueur Bachir Hazzam a été condamné à quatre mois de prison ferme pour « diffusion de fausse information portant atteinte à l’image du royaume concernant les droits de l’homme ».  Le propriétaire d’un café Internet, Abdullah Boukhou,  a écopé d’une peine d’un an de prison ferme pour un motif similaire. Tous deux ont été immédiatement renvoyés en prison. 


''Reporters sans frontières a dénoncé les condamnations, prononcées ce jour par le tribunal de Guelmim (sud du pays), contre le blogueur Bachir Hazzam et le propriétaire d’un café Internet, Abdullah Boukhou. Le premier a été condamné à quatre mois de prison ferme pour « diffusion de fausse information portant atteinte à l’image du royaume concernant les droits de l’homme », le second a écopé d’une peine d’un an de prison ferme pour un motif similaire. Tous deux ont été immédiatement renvoyés en prison. Leur procès, ainsi que celui de plusieurs étudiants et militants, s’était tenu la veille, lundi 14 décembre. Ces derniers ont été condamnés à six mois de prison.
"Alors que le gouvernment marocain a présenté, en octobre dernier, un plan visant à améliorer l’accès à Internet afin de mieux intégrer le royaume à la société de l’information et à l’économie numérique, ces condamnations marquent un retour en arrière et montrent que la liberté d’expression sur Internet ne s’appliquent pas aux critiques des autorités", a déclaré l’organisation. " Bachir Hazzam et Abdullah Boukhou n’ont commis aucun acte illégal. Bachir Hazzam a seulement posté un communiqué déjà rendu public sur la répression exercée par les forces de l’ordre lors de manifestations étudiantes à Taghjijte, à 200 km au sud d’Agadir. Abdullah Boukhou est accusé d’avoir envoyé des informations et des photos sur ces événements. Au lieu de jeter ces innocents en prison, les autorités feraient mieux d’enquêter sur les abus commis par les services de sécurité locaux."
Bachir Hazzam a été arrêté, le 7 décembre 2009, trois jours après avoir publié sur son blog un communiqué diffusé par des étudiants au sujet des manifestations du 1er décembre à Targhjijte, dont les revendications portaient sur des questions liées au transport et au logement. Dans ce communiqué, les étudiants dénonçaient une utilisation disproportionnée de la force par la police et les autorités locales. Plusieurs étudiants ont été arrêtés. Certains cybercafés auraient également été fermés temporairement, d’autres auraient été soumis à une étroite surveillance pour empêcher la diffusion d’images ou d’informations, d’après le Arabic Network for Human Rights Information (ANHRI). La date d’arrestation d’Abdullah Boukhou serait également intervenue à la suite des manifestations.''
Reporters sans frontières.

Nouvelle tragédie judiciaire. Jugements ignobles et indignes de ce pays redevenu totalitaire et qui s’appelle le Maroc. Voici donc où nous en sommes : Dans un pays qui jette en prison des citoyens pour le seul crime d’avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression et à la manifestation: Un an de prison ferme pour un propriétaire de cybercafé pour avoir diffusé des informations sur une manifestation ; Quatre mois fermes pour un blogueur pour en avoir rendu compte. Un drôle de pays qui, aussitôt la page des années de plomb tournée, en a ouvert une autre avec son lot d’exactions, de condamnations arbitraires, de violences policières et d’atteintes aux droits humains. Il ne manque plus que la construction d’un Tazmammart pour journalistes et bloggueurs et le Maroc retrouvera ses années de plomb.
J'ai mal pour mon pays !


Billet publié par Larbi sur son blog.

 

4 octobre 2008

Un pays conditionné à se prosterner

Ainsi donc Erraji a été acquitté de toutes les accusations (lesquelles d’ailleurs ?) auxquelles il faisait face ; aussitôt ce malheureux épisode clos, on apprenait qu’un membre de la famille royale (qui paraît-il est une famille comme toutes les familles marocaines) tirait à bout portant sur un policier qui avait osé l’arrêter, descendait apparemment calmement de sa Lexus, traitait le policier d’insecte malsain et lui assénait un coup de pied (Ces détails sont là pour épater la galerie biensûr et ne sauraientt être sujets à discussion). Dans n’importe quel autre pays qui se respecte, les policiers appelés en renfort n’aurait fait qu’une bouchée du criminel qui aurait osé tirer sur un des leurs mais pas au Maroc : Les policiers ont pris sur eux de raccompagner le ‘Chrif’ (à ne pas confondre avec Shérif) et de lui trouver une excuse pour le sortir du mauvais pas où il se trouvait : Il était semble-t-il atteint de la maladie de Korsakoff et aux dernières nouvelles il se faisait soigner en Europe (Aux frais des contribuables marocains sûrement !).
Ce dernier épisode est symptomatique d’ailleurs d’une certaine mentalité marocaine (Il ne faut pas généraliser je sais mais étant marocain, j’ai le droit de décocher qq. flèches vers les miens comme les noirs ont droit d’utiliser le N word et pas les autres). Je m’explique : Les marocains ont été conditionnés à accepter qu’il y avait deux catégories de citoyens, la populace et ceux d’en-haut qui ont des connexions ou ont la chance d’être nés dans une ‘bonne’ famille. Ils l’ont si bien été qu’ils acceptent cet état de fait et intègrent dans leurs comportements des gestes et des coutumes pour perpétuer cela. Dans la vie de tous les jours, les marocains sont témoins de cela : Une voiture grille un feu rouge, le policier arrête le fautif, celui-ci n’a qu’à lui dire qu’il est de la famille de telle personne ou qu’elle est cette personne pour que le policier le salue et arrête les autres voitures pour qu’il puisse reprendre son chemin ; tout le monde (il est beau, il est gentil) fait la ligne dans une administration publique, il suffit qu’un personnage ‘important’ arrive pour que le directeur de l’administration lui-même sorte pour le servir et biensûr personne n’osera protester. It is the way it is comme on dirait. Tous les discours sur l’état de droit et la transition démocratique ne sont que poudre aux yeux ; au Maroc, il vaut mieux être du bon côté de la force ou fermer sa gueule et surtout accepter son sort.
L’épisode Erraji a révélé ou plutôt permis de constater que ce phénomène pouvait également être observé chez certains membres de la Blogoma qui ont été assez prompts à traiter Erraji de fautif et trouver surtout plein d’excuses superficielles pour justifier les actions du Makhzen(Blame the victim !). Ils ont été assez rapides également à vouloir imposer des balises directives et des lignes à ne pas franchir. Moul a disséqué cela dans un billet très bien structuré dont je retiens surtout le fait que certains blogueurs voudraient importer sur le net toutes les tares de la société marocaine et surtout l’état d’esprit que j’expliquais plus haut.
Au moins avec l’affaire Erraji, les positions et les intentions de la plupart des blogueurs sont maintenant claires.

8 septembre 2008

Que se cache-t-il derrière l'emprisonnement de Mohamed Erraji ?

La nouvelle s’est malheuresement confirmée, le blogueur Mohamed Erraji a bel et bien été interpellé et condamné de plus à 2 ans de prison ferme et à une amende de 5000 dh.
Il semble que le principal chef d’accusation retenu contre lui soit celui de ‘manquement au respect dû au roi’.
Un survol rapide du blog de Mohamed démontre une liberté de ton et un traitement de la chose politique au Maroc sans aucune censure ni ligne rouge. Les sujets des articles vont du baisemain dont certains marocains affublent le Roi, à la non réception des athlètes marocains participants aux jeux olympiques par le chef de l’état, en passant par une remise en question des festivités qui entourent la fête du Trône, à enfin l’état de la justice marocaine où il affirme que la justice ne saurait trouver son salut que par une stricte séparation des pouvoirs politiques et juridique (Les arabophone devraient d'ailleurs lire ce billet qui ironiquement s'applique très bien à la situation présente).
Il appert également par l’image qui accompagne ce billet qu’Erraji avait une opinion pour le moins non-conformiste de la question du Sahara marocain.
Ce qui est au moins sûr c’est que Mohamed Erraji est bel et bien un prisonnier d’opinion, que l’on soit d’accord ou pas avec ses positions là n’est pas la question, emprisonner un citoyen sur la base de ses opinions n’honore en rien le Maroc.

Je ne voudrais pas me lancer dans de profondes analyses politiques mais il me semble qu’avec le positionnement d’El Himma (dont la principale qualité est d’avoir été au collège royal) comme chef d’un parti politique qui en quelques mois a réussi le tour de rallier une quarantaine de députés à sa plateforme (et qui sera sans aucun doute le parti majoritaire aux prochaines élections législatives), la répression sans failles des manifestations de Sidi Ifni ainsi que les atteintes aux droites de l’homme (Fouad Mortada, Mohamed Bougrine, les différents procès aux journalistes…), le Makhzen semble vouloir reprendre le terrain concédé par feu Sa Majesté Hassan II et bien reprendre les reines du pays. Comme transition démocratique, on repassera !

Interpellation d'un bloggeur marocain ?

Le Maroc ne veut apparemment pas être en reste en ce qui concerne la répression de la liberté d’expression sur l’internet. Après l’affaire Mourtada, il appert qu’un blogueur (‘wanabe’ journaliste à ses heures perdues) a été arrêté pour un article qu’il aurait publié sur le site de hespress.com. Ce site de nouvelles électroniques en arabe affirme que Mohamed Erraji est en détention depuis vendredi dernier.
Larbi.org a traduit l’article incriminé en français, sinon on peut toujours le consulter en V.O arabe sur hespress.
On peut ou ne pas être d’accord sur les idées véhiculées par l’article et la liberté de ton qui s’en dégage, ceci n’est pas la question...

Il me semble que le Maroc n’a qu’à faire d’une 2e affaire Mourtada dont personne (Les pouvoirs publics et le Maroc en tant qu'entité) ne sortirait gagnant.
Attendons cependant de voir si cette nouvelle se confirme avant de sonner l’alarme.

13 juillet 2007

Lorsqu'on est bête c'est pour la vie !

Comme si le merdier dans lequel l’Irak se trouve ne suffisait pas assez, le Pentagone et l’Administration états-unienne veulent s’inspirer de la guerre d’Algérie pour améliorer la situation dans ce pays.
Lorsqu’on connait les méthodes utilisées par l’armée française pour pacifier l’Algérie, on peut craindre le pire de la part de ces mêmes autorités qui sont à l’origine du scandale d’Abou Ghraib et de Guantanamo.

29 juin 2007

Le Wisconsin n'est pas le Maroc

Ci-dessous une traduction d'un article paru dans le Charleston Daily mail en date du 28 juin 2007 où il est question de liberté d’expression, de lèse-majesté, de critique et du fait que le Wisconsin n'était pas le Maroc.
Si vous voulez lire l’article écrit pas Don surber en anglais, c’est par là.

Lundi dernier, le sénateur Russ Feingold du Wisconsin a enfin eu son compte de la part de la cour suprême des Etats-Unis. La cour a statué que le sénateur n’était pas au dessus de la critique en période électorale malgré la loi qu’il avait fait adopter et qui porte son nom : Trois juges de la cour lui ont même rappelé que le Wisconsin n’était pas le Maroc.

Feingold avait prêté son nom à la loi McCain-Feingold, appelée aussi la ‘réforme de la campagne’ mais qui est en fait une autre tentative du Congrès pour museler la critique. D’ailleurs le fait que le Président Bush ait accepté de signer une telle monstruosité montre bien que certaines critiques avaient raison quand ils se moquaient de son intelligence.

La disposition principale de cette ‘réforme’ est une restriction des publicités politiques en période électorale. Pas celles des politiciens biensûr : Les sénateurs peuvent faire passer toutes les publicités que leurs gros donateurs sont prêts à payer. Cette ‘réforme de la campagne’ ressemble à un alcoolique qui suivrait une cure de désintoxication en interdisant à sa femme de boire.

Étonnamment la cour suprême avait maintenu la loi McCain-Feingold en 2003 dans une décision rendue par la juge Sandra Day O'Connor dans un verdict partagée de 5-4.

Lorsque la juge O'Connor a pris sa retraite, John Roberts a été choisi pour la remplacer. C’est alors que le président de la cour est mort et Roberts l’a remplacé. Et c’est finalement Sam Alito qui a pris le siège de O’Connor.

Entre-temps, un procès concernant l’association Wisconsin Right to Life faisait son chemin dans le dédale de la justice. Wisconsin Right to Life avait osé faire passer des publicités juste avant les élections de 2004 pour critiquer les positions pro vie de deux sénateurs de cet état. L’un deux, Feingold, voulait se faire réélire. Les publicités de cette association violaient donc la loi McCain-Feingold.

Malheuresement, la décision du juge en chef Roberts n’a pas complètement mis aux poubelles cette loi mais une opinion exprimée par la juge Antonin Scalia indique qu’au moins 3 juges de la cour voudraient le faire.

Ce qui nous ramène au Roi du Maroc, la juge Scala écrit dans son compte-rendu :

‘Un caricaturiste marocain s’est défendu d’avoir critiqué le Roi du Maroc (la lèse-majesté étant un crime sérieux au Maroc) par ce qui suit : ‘Je ne suis pas un révolutionnaire, je ne fais que défendre la liberté d’expression... Je n’ai jamais dit qu’il faut changer de roi. Non, non, non ! Tout ce que j’ai dit c’est que certains gestes du roi, je ne les aimais pas. Est-ce que c’est un crime ?’

‘Aux Etats-Unis (en faisant abstraction du fait que nous avons des élus à la place d’un roi), c’est un crime, du moins si cette personne fait partie d’une association ou d’une corporation (incluant les associations à but non lucratif) et si l’élu est identifié par son nom et ce en campagne électorale !

...





27 juin 2007

Sacré Royaume du Maroc !

La cour de Béni Mellal a condamné Mohamed Bougrine, 72 ans, à un an de prison ferme pour « atteinte aux valeurs sacrées du Royaume ».

Non. Le monsieur en question n'était pas espion, ne faisait pas dans le détournement de fonds publics ni rien de ce genre ; il a tout simplement manifesté. et scandé quelques paroles pas du tout gentilles contre la personne du Roi du Maroc.
Je pourrais laisser libre cours à mon fiel mais je vous recommande plutôt de visiter ces sites pour de plus amples informations :

Dans un récent post, je me demandais pourquoi la Blogoma était si prompte à s'exciter pour certains dossiers qui touchent le Maroc et faisait la sourde oreille concernant d'autres, je me demande quel sera son positionnement cette fois ci ?

29 mars 2007

Femme = 0.5*Homme



Ce matin en parcourant Cyberpresse, j'avais eu l'idée de bloguer sur le fait que les iraniens ont décidé de profiter du fait que parmi les soldats britanniques qu'ils ont fait prisonniers, il y avait une femme.

C'est ainsi qu'ils la mettent au devant de la scène et lui ont font faire un show devant caméra digne des plus mauvais films de guerre américains. On démontre comme ça que la place d'une femme est au foyer et non à jouer aux petits soldats avec les hommes.

Ce qui avait attiré mon attention, c'est le fait qu'ils lui ont mis un voile sur la tête. Je me demandais alors est ce que c'était pour faire chier les anglais ou tout simplement dans un souci d'uniformisation ? Ou encore que les iraniens ne pouvaient envisager une femme sans voile ?


Mais voilà que je tombe sur cet entrefilet où on apprends :



Je ne sais quoi écrire : Que l'on donne un prix à la vie d'un homme est déjà perturbant (On peut discuter de la validité d'un tel comportement mais au moins ça a l'avantage de mettre tous les hommes à égalité), mais que le prix de la vie d'une femme soit égale à la moitié de ce dernier est désolant. Et ça en dit long sur le système en cours en Iran.