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4 février 2015

Un Syriza au Maroc ?



La montée de Podemos en Espagne ou encore Syriza en Grèce est l’expression d’un phénomène beaucoup plus généralisé en Europe où ces partis ont profité du discrédit des partis conventionnels (corruption, mauvaise gestion des deniers publiques et usure de l’exercice du pouvoir), de la crise économique et de la faillite des politiques de sortie de crise (l’austérité) pour se mettre en avant-plan. C’est ce même phénomène qui a vu dans les vieilles démocraties comme la France, la Grande Bretagne, la Suède et même l’Allemagne, où au lieu de l’extrême gauche c’est l’extrême droite qui en a profité…
La question est de savoir si on peut tirer une leçon pour le Maroc de tous ces changements dans le pourtour méditerranéen ?
Il me semble qu’on n’a pas du tout la même grille de lecture, car ces changements sont apparus dans des démocraties bien établies, ce qui est loin d’être le cas du Maroc.
De plus, en Europe certains indicateurs ne sont pas du tout les mêmes que pour le Maroc. Que ça soit pour le taux d’alphabétisation, le taux de natalité ou le taux de scolarisation. En d’autres termes, ce sont des sociétés où la population est consciente de la chose politique.
D’autre part, et malgré ce que certains pourraient en dire, les médias jouent le jeu et ont donné la parole à ces partis qui étaient marginaux avant qu’ils ne grandissent. Du coup, le message qu’ils portent a pu se divulguer.
Au Maroc, et l’exemple du ‘ mouvement 20 février’ est là pour en attester, les médias sont cadenassés et ne portent que le message ‘officiel ‘ et même lorsqu’il leur arrivait de donner la parole à des gens du ‘20 février’, on avait droit à de jeunes adultes imberbes et incapables de « connecter » avec monsieur et madame tout le monde.
Enfin, le champ politique marocain n’est pas du tout comparable à ceux où ce vent d’optimisme est apparu. Au Maroc, le paysage politique n’obéît pas à une logique gauche-droite mais plutôt à quel parti est le plus proche du Sérail. Et malgré que dans la population, l’opinion la plus partagée est que tous les politiques sont corrompus on ne voit pas bien qui pourrait bien les supplanter dans les partis déjà constitués.
On a bien deux mouvements de gauche, le mouvement ANFASS et le mouvement Clarté Ambition Courage qui ont beaucoup de similitude avec Podemos et Syriza mais encore là ils sont loin d’être connus sur la scène politique et malgré quelques initiatives ici et là n’arrivent tout simplement pas à percer dans le paysage politique.
Encore une fois, on réalise que le changement se fait à portée de vue mais sans qu’on puisse en bénéficier…

29 juin 2010

Vive le Roi !

''Est-il «archaïque» pour un pays d'avoir un monarque comme chef d'État? Les monarchies constitutionnelles sont certes moins nombreuses que les républiques, mais à l'échelle de la prospérité et de la modernité, elles s'en tirent fort bien merci. Outre le Canada, pensons à l'Australie, à la Suède, à la Norvège, au Danemark, aux Pays-Bas, à la Belgique, au Japon... De toute évidence, la monarchie n'est un obstacle ni à la démocratie ni au développement.
Bien sûr, un roi ou une reine n'est pas élu(e), faiblesse en apparence impardonnable dans une démocratie. Pourtant, en cette époque où les politiciens sont méprisés, le fait d'échapper au processus électoral est peut-être, dans certaines circonstances, une vertu plutôt qu'une tare. «Un autre système de gouvernement nous permettrait-il d'avoir un chef d'État plus politiquement neutre que le système actuel?», se demandait l'ancien premier ministre de l'Australie, John Howard, à l'occasion du débat sur l'avenir de la monarchie dans ce pays.''

Si après avoir lu ce qui précède, vous n'y êtes pas allé d'un 'hamdouallah que le Maroc est une monarchie constitutionnelle', c'est que vous êtes un nihiliste à la solde des ennemis de la nation.

11 novembre 2008

It's the culture, stupid !

Pierre Foglia de La Presse signe encore une fois un petit bijou de texte :

''L'extrême droite catho nous annonçait (en le souhaitant) que ce siècle serait marqué par un affrontement majeur entre la chrétienté et l'islam. J'avance plutôt que la guerre sera entre chrétiens, l'Amérique contre l'Amérique, la France contre la France, la vallée du Pô contre le Mezzogiorno, Montréal-Toronto contre les Prairies.
Deux idéologies qui, à partir du même postulat - produire, s'enrichir, prospérer - s'opposeront sur tout le reste, sur l'art de vivre, sur la saveur des choses, bref, sur la culture, voilà le mot est dit : la culture.
Des élections culturelles, voilà. Il arrivera parfois qu'un Obama ou un Stéphane Dion viendront fausser les perspectives pour des raisons contraires, un Obama soulevant les passions, un Dion les éteignant, mais essentiellement toutes nos élections vont finir par devenir culturelles. Cela ne sera pas écrit comme tel dans l'isoloir, le mot culture ne sera nulle part ; reste qu'en mettant notre croix, nous choisirons la nature même de notre rapport au monde, aux autres et à nous-mêmes.''

4 octobre 2008

Un pays conditionné à se prosterner

Ainsi donc Erraji a été acquitté de toutes les accusations (lesquelles d’ailleurs ?) auxquelles il faisait face ; aussitôt ce malheureux épisode clos, on apprenait qu’un membre de la famille royale (qui paraît-il est une famille comme toutes les familles marocaines) tirait à bout portant sur un policier qui avait osé l’arrêter, descendait apparemment calmement de sa Lexus, traitait le policier d’insecte malsain et lui assénait un coup de pied (Ces détails sont là pour épater la galerie biensûr et ne sauraientt être sujets à discussion). Dans n’importe quel autre pays qui se respecte, les policiers appelés en renfort n’aurait fait qu’une bouchée du criminel qui aurait osé tirer sur un des leurs mais pas au Maroc : Les policiers ont pris sur eux de raccompagner le ‘Chrif’ (à ne pas confondre avec Shérif) et de lui trouver une excuse pour le sortir du mauvais pas où il se trouvait : Il était semble-t-il atteint de la maladie de Korsakoff et aux dernières nouvelles il se faisait soigner en Europe (Aux frais des contribuables marocains sûrement !).
Ce dernier épisode est symptomatique d’ailleurs d’une certaine mentalité marocaine (Il ne faut pas généraliser je sais mais étant marocain, j’ai le droit de décocher qq. flèches vers les miens comme les noirs ont droit d’utiliser le N word et pas les autres). Je m’explique : Les marocains ont été conditionnés à accepter qu’il y avait deux catégories de citoyens, la populace et ceux d’en-haut qui ont des connexions ou ont la chance d’être nés dans une ‘bonne’ famille. Ils l’ont si bien été qu’ils acceptent cet état de fait et intègrent dans leurs comportements des gestes et des coutumes pour perpétuer cela. Dans la vie de tous les jours, les marocains sont témoins de cela : Une voiture grille un feu rouge, le policier arrête le fautif, celui-ci n’a qu’à lui dire qu’il est de la famille de telle personne ou qu’elle est cette personne pour que le policier le salue et arrête les autres voitures pour qu’il puisse reprendre son chemin ; tout le monde (il est beau, il est gentil) fait la ligne dans une administration publique, il suffit qu’un personnage ‘important’ arrive pour que le directeur de l’administration lui-même sorte pour le servir et biensûr personne n’osera protester. It is the way it is comme on dirait. Tous les discours sur l’état de droit et la transition démocratique ne sont que poudre aux yeux ; au Maroc, il vaut mieux être du bon côté de la force ou fermer sa gueule et surtout accepter son sort.
L’épisode Erraji a révélé ou plutôt permis de constater que ce phénomène pouvait également être observé chez certains membres de la Blogoma qui ont été assez prompts à traiter Erraji de fautif et trouver surtout plein d’excuses superficielles pour justifier les actions du Makhzen(Blame the victim !). Ils ont été assez rapides également à vouloir imposer des balises directives et des lignes à ne pas franchir. Moul a disséqué cela dans un billet très bien structuré dont je retiens surtout le fait que certains blogueurs voudraient importer sur le net toutes les tares de la société marocaine et surtout l’état d’esprit que j’expliquais plus haut.
Au moins avec l’affaire Erraji, les positions et les intentions de la plupart des blogueurs sont maintenant claires.

29 juin 2007

Le Wisconsin n'est pas le Maroc

Ci-dessous une traduction d'un article paru dans le Charleston Daily mail en date du 28 juin 2007 où il est question de liberté d’expression, de lèse-majesté, de critique et du fait que le Wisconsin n'était pas le Maroc.
Si vous voulez lire l’article écrit pas Don surber en anglais, c’est par là.

Lundi dernier, le sénateur Russ Feingold du Wisconsin a enfin eu son compte de la part de la cour suprême des Etats-Unis. La cour a statué que le sénateur n’était pas au dessus de la critique en période électorale malgré la loi qu’il avait fait adopter et qui porte son nom : Trois juges de la cour lui ont même rappelé que le Wisconsin n’était pas le Maroc.

Feingold avait prêté son nom à la loi McCain-Feingold, appelée aussi la ‘réforme de la campagne’ mais qui est en fait une autre tentative du Congrès pour museler la critique. D’ailleurs le fait que le Président Bush ait accepté de signer une telle monstruosité montre bien que certaines critiques avaient raison quand ils se moquaient de son intelligence.

La disposition principale de cette ‘réforme’ est une restriction des publicités politiques en période électorale. Pas celles des politiciens biensûr : Les sénateurs peuvent faire passer toutes les publicités que leurs gros donateurs sont prêts à payer. Cette ‘réforme de la campagne’ ressemble à un alcoolique qui suivrait une cure de désintoxication en interdisant à sa femme de boire.

Étonnamment la cour suprême avait maintenu la loi McCain-Feingold en 2003 dans une décision rendue par la juge Sandra Day O'Connor dans un verdict partagée de 5-4.

Lorsque la juge O'Connor a pris sa retraite, John Roberts a été choisi pour la remplacer. C’est alors que le président de la cour est mort et Roberts l’a remplacé. Et c’est finalement Sam Alito qui a pris le siège de O’Connor.

Entre-temps, un procès concernant l’association Wisconsin Right to Life faisait son chemin dans le dédale de la justice. Wisconsin Right to Life avait osé faire passer des publicités juste avant les élections de 2004 pour critiquer les positions pro vie de deux sénateurs de cet état. L’un deux, Feingold, voulait se faire réélire. Les publicités de cette association violaient donc la loi McCain-Feingold.

Malheuresement, la décision du juge en chef Roberts n’a pas complètement mis aux poubelles cette loi mais une opinion exprimée par la juge Antonin Scalia indique qu’au moins 3 juges de la cour voudraient le faire.

Ce qui nous ramène au Roi du Maroc, la juge Scala écrit dans son compte-rendu :

‘Un caricaturiste marocain s’est défendu d’avoir critiqué le Roi du Maroc (la lèse-majesté étant un crime sérieux au Maroc) par ce qui suit : ‘Je ne suis pas un révolutionnaire, je ne fais que défendre la liberté d’expression... Je n’ai jamais dit qu’il faut changer de roi. Non, non, non ! Tout ce que j’ai dit c’est que certains gestes du roi, je ne les aimais pas. Est-ce que c’est un crime ?’

‘Aux Etats-Unis (en faisant abstraction du fait que nous avons des élus à la place d’un roi), c’est un crime, du moins si cette personne fait partie d’une association ou d’une corporation (incluant les associations à but non lucratif) et si l’élu est identifié par son nom et ce en campagne électorale !

...





14 avril 2007

Cauchemar

Ça n’en finit plus ! C’est un cauchemar que doivent vivre les casablancais et tous les marocains par ricochet.

J’ai toujours eu la niaiseuse prétention que nous n’étions pas comme les autres ; que le Maroc ne saurait connaître les affres du terrorisme à l’algérienne (remarque que les bilans des derniers jours ne se comparent pas mais l’intention des enfoirés est là) , que nous aimions trop vivre, que l’Islam était trop bien ancré dans l’esprit du peuple marocain pour que des imbéciles venus d’ailleurs puissent nous polluer avec leur idées rétrogrades sur une simili mission que le bon dieu leur aurait confiée.

Ce sentiment devait être exacerbé par le fait que le système politique au Maroc faisait en sorte que les policiers étaient conscients des faits et gestes de tout un chacun. Mais même dans ce domaine ils n’ont pas été foutus de réussir.

M.Hmida se demande ce que nous avons fait de mal pour que de tels évènements se produisent ; moi, je me demande ce que nous pouvons faire drette là, maintenant, sur le champs, daba, drouk pour arrêter ce délire.

Et je ne pense pas nécessairement à des rafles aveugles, à la matraque et aux abus !

Quid de la démocratie, d’un meilleur partage des richesses et du respect du citoyen ?
Non pas que la démocratie, de meilleures conditions de vie ou n’importe quel autre élément puissent faire arrêter le délire dans lequel sont ancrés certains fous de dieu mais au moins ils n’auront plus d’excuses bidon.

On me répondra, on n’est pas encore prêt. Je leur dirai alors fermez vos gueules et subissez !


21 mars 2007

Yes sir

Qui a dit que la démocratie au Québec se portait bien ? Lundi, le gouvernement fédéral présente son budget en pleine campagne provinciale et c’est sans surprise qu’on y apprend que cela permettra au Québec d’obtenir tout près de 2,2 milliards de dollars de plus en transferts dès cette année.
Jean Charest s’empresse alors de déclarer victoire et de s’approprier ces dollars tombés du ciel (fédéral). Le lendemain, il annonce que s'il est réélu, il réduira l'impôt des Québécois de 700 millions de dollars supplémentaires.
Et enfin aujourd’hui, Stephen Harper promet de négocier avec Québec une limite au pouvoir de dépenser d'Ottawa ou un transfert de points d'impôt, mais sa promesse ne tient que si les Québécois élisent un gouvernement fédéraliste le 26 mars.

Ainsi, on use de la carotte et du bâton : On essaie d’acheter le vote des québécois et on les menace de représailles s’ils élisent un gouvernement indépendantiste (Apparemment il faut dire indépendantiste et plus souverainistes).