4 octobre 2008

Un pays conditionné à se prosterner

Ainsi donc Erraji a été acquitté de toutes les accusations (lesquelles d’ailleurs ?) auxquelles il faisait face ; aussitôt ce malheureux épisode clos, on apprenait qu’un membre de la famille royale (qui paraît-il est une famille comme toutes les familles marocaines) tirait à bout portant sur un policier qui avait osé l’arrêter, descendait apparemment calmement de sa Lexus, traitait le policier d’insecte malsain et lui assénait un coup de pied (Ces détails sont là pour épater la galerie biensûr et ne sauraientt être sujets à discussion). Dans n’importe quel autre pays qui se respecte, les policiers appelés en renfort n’aurait fait qu’une bouchée du criminel qui aurait osé tirer sur un des leurs mais pas au Maroc : Les policiers ont pris sur eux de raccompagner le ‘Chrif’ (à ne pas confondre avec Shérif) et de lui trouver une excuse pour le sortir du mauvais pas où il se trouvait : Il était semble-t-il atteint de la maladie de Korsakoff et aux dernières nouvelles il se faisait soigner en Europe (Aux frais des contribuables marocains sûrement !).
Ce dernier épisode est symptomatique d’ailleurs d’une certaine mentalité marocaine (Il ne faut pas généraliser je sais mais étant marocain, j’ai le droit de décocher qq. flèches vers les miens comme les noirs ont droit d’utiliser le N word et pas les autres). Je m’explique : Les marocains ont été conditionnés à accepter qu’il y avait deux catégories de citoyens, la populace et ceux d’en-haut qui ont des connexions ou ont la chance d’être nés dans une ‘bonne’ famille. Ils l’ont si bien été qu’ils acceptent cet état de fait et intègrent dans leurs comportements des gestes et des coutumes pour perpétuer cela. Dans la vie de tous les jours, les marocains sont témoins de cela : Une voiture grille un feu rouge, le policier arrête le fautif, celui-ci n’a qu’à lui dire qu’il est de la famille de telle personne ou qu’elle est cette personne pour que le policier le salue et arrête les autres voitures pour qu’il puisse reprendre son chemin ; tout le monde (il est beau, il est gentil) fait la ligne dans une administration publique, il suffit qu’un personnage ‘important’ arrive pour que le directeur de l’administration lui-même sorte pour le servir et biensûr personne n’osera protester. It is the way it is comme on dirait. Tous les discours sur l’état de droit et la transition démocratique ne sont que poudre aux yeux ; au Maroc, il vaut mieux être du bon côté de la force ou fermer sa gueule et surtout accepter son sort.
L’épisode Erraji a révélé ou plutôt permis de constater que ce phénomène pouvait également être observé chez certains membres de la Blogoma qui ont été assez prompts à traiter Erraji de fautif et trouver surtout plein d’excuses superficielles pour justifier les actions du Makhzen(Blame the victim !). Ils ont été assez rapides également à vouloir imposer des balises directives et des lignes à ne pas franchir. Moul a disséqué cela dans un billet très bien structuré dont je retiens surtout le fait que certains blogueurs voudraient importer sur le net toutes les tares de la société marocaine et surtout l’état d’esprit que j’expliquais plus haut.
Au moins avec l’affaire Erraji, les positions et les intentions de la plupart des blogueurs sont maintenant claires.

3 commentaires:

une marocaine a dit...

S'agissant de la blogoma, il y a une chose qui m'échappe : pourquoi devra-t-on soucier de savoir qui est pour telle affaire/cause qui est contre totalement ou partiellement et qui est neutre ?
Le blog par définition est un espace personnel. Je n'ai pas compris et je ne comprends tjrs pas la position de ceux qui se sont levés pour dénoncer la solidarité de certains blogueurs avec Erraji. Larbi a été attaqué nominativement attaqué. J'ai halluciné en lisant certains billets.
Tous les blogueurs qui étaient solidaires de Erraji, je parle de ceux que j'ai lu, n'ont à aucun moment porté de jugements sur ceux qui n'ont pas exprimé leur solidarité avec Erraji. Mieux encore, ils ne parlaient que des dernières nouvelles sur l'affaire en exprimant leur indignation concernant cette affaire.

Bref, encore une fois le blog est un espace personnel. Chacun y fait, y parle de ce qu'il veut. C'est une vision qu'il faudra garder en tête à chaque fois qu'on parle de la blogoma.
Autre chose à garder à l'esprit, les auteurs/blogueurs sont des marocains donc forcément la blogoma reflète la société marocaine et ses mentalités sûrement pas dans sa totalité mais en tout cas en partie.

Miroir du temps a dit...

Le peuple n'est pas conditionné à se prosterner, mais plutôt forcé à le faire.
Le conditionnement suppose une action psychologique manipulatoire sur les esprits (Cf le béhaviourisme pavlovien). Dans le cas de ce peuple c'plus par crainte du makhzen que par un quelconque effet psychologique !

Anonyme a dit...

je crois que c'est un lavage de cerveau.
puisque un peuple qui n'a pas subit de lavage de cerveau constatera que le mekhzen doit etre change, le mekhzen est la pour servir le peuple et non l'inverse.
le peuple s'il veut changer ceux qui le gouverne ne doit pas avoir peur de le faire. voila. dans un pays qui veut faire des progres, doit donner de plus en plus de pouvoir a son peuple et non l'inverse.