20 avril 2007

Le Maroc que j'aime

‘’Mais ce qui m’a le plus impressionné (car j’étais sur les lieux, au milieu d’une petite foule de mes confrères), c’est cette autre scène, qui s’est répétée à plusieurs reprises : à chaque fois qu’un suspect était interpellé (une vingtaine l’ont été ce matin-là), le fourgon de police qui le transportait avançait au milieu d’une double haie d’honneur faite de milliers de badauds qui… applaudissaient à tout rompre !’’

‘’On sait que le terroriste qui, après avoir passé près de 50 heures à se terrer sous un lit à Hay Al Farah, a été capturé vivant par des jeunes du quartier. Ce qu’on sait moins, c’est que pendant que 2 ou 3 jeunes, vite rejoints par la police, étaient occupés à le maîtriser, une cinquantaine d’autres formaient spontanément, de leurs corps, un cordon de sécurité. Et le cordon a tenu, jusqu’à ce que les policiers en remercient les maillons et leur demandent de se disperser.’’

Cette vieille dame de Hay Al Farah ne demandait rien. Elle qui, spontanément, a préparé des mlaoui, de la harcha, du thé et des tartines de beurre et de confiture aux agents qui suaient sang et eau sous ses fenêtres depuis 5 heures du matin, Beretta au poing. Elle se contentait de remercier la police, à sa manière. Pareil pour cet homme qui, entendant des flics se plaindre (entre eux) qu’ils n’avaient rien mangé depuis le matin, a spontanément acheté ce que lui permettait sa maigre bourse (15 Raïbi Jamila et autant de mille-feuilles), avant de le leur distribuer sans mot dire.

2 commentaires:

Loula la nomade a dit...

Reda, tu vas me faire pleurer. Ce passage est émouvant.

jaouad a dit...

Les Marocains sont superbes...et s'ils le pouvaient en effet, ils seraient l'incarnation de la générosité. Si le dossier de la sécurité sociale n'est pas encore une priorité, c'est bien grâce aux familles dont le sens de la solidarité est exemplaire. Qui laisserait un proche dans la précarité? Pas un ...