29 juin 2010

Vive le Roi !

''Est-il «archaïque» pour un pays d'avoir un monarque comme chef d'État? Les monarchies constitutionnelles sont certes moins nombreuses que les républiques, mais à l'échelle de la prospérité et de la modernité, elles s'en tirent fort bien merci. Outre le Canada, pensons à l'Australie, à la Suède, à la Norvège, au Danemark, aux Pays-Bas, à la Belgique, au Japon... De toute évidence, la monarchie n'est un obstacle ni à la démocratie ni au développement.
Bien sûr, un roi ou une reine n'est pas élu(e), faiblesse en apparence impardonnable dans une démocratie. Pourtant, en cette époque où les politiciens sont méprisés, le fait d'échapper au processus électoral est peut-être, dans certaines circonstances, une vertu plutôt qu'une tare. «Un autre système de gouvernement nous permettrait-il d'avoir un chef d'État plus politiquement neutre que le système actuel?», se demandait l'ancien premier ministre de l'Australie, John Howard, à l'occasion du débat sur l'avenir de la monarchie dans ce pays.''

Si après avoir lu ce qui précède, vous n'y êtes pas allé d'un 'hamdouallah que le Maroc est une monarchie constitutionnelle', c'est que vous êtes un nihiliste à la solde des ennemis de la nation.

24 juin 2010

L’AMDH, cette tumeur.

Karim a récidivé encore une fois et m'a envoyé un autre billet. Sa nouvelle victime n'est autre que l'AMDH:

L’Histoire se souvient mieux des grands hommes qui, au sommet de leur gloire, voyant tous leurs objectifs réalisés à l’exception des plus excentriques se livrent volontairement au confort de la retraite.

Mais il y a aussi ceux qui, n’ayant plus de bataille à livrer, en perdent leurs repères et leur sagesse. Tu les vois, jeunes et vigoureux, le verbe haut et le discours séduisant, le courage viril et l’honneur sauf. Mais … derrière cet éclat éblouissant du bobo de gauche primaire se cache hélas un être drogué, un toxicomane qui se shoot à l’écoute de ses propres discours, un wannabe qui jouit juste à l’éventualité d’une gloire future … Un minable …

Arrivé à un certain âge la sagesse prend le dessus, l’optimisme chasse le nihilisme, la critique constructive remplace la révolte systématique et l’homme devient citoyen.

Après avoir « milité » pour les droits de l’Homme pendant des décennies, tant bien que mal, le plus souvent assez maladroitement, l’AMDH a crié victoire lors de l’instauration de l’IER. Alors que les observateurs intelligents y voyaient une évolution naturelle du Maroc après avoir consolidé son unité territoriale et jeté les bases d’un État fort, les droits-de-l’Hommistes criaient à qui voulait les entendre que ce n‘était que l’issue ultime de leur « lutte » acharnée et ils ont fêté leur « victoire » en grandes pompes. Ils se sont enivrés d’une gloire qui n’existe que dans leur propre imagination.

Soit. Nous avions naïvement cru qu’après la gueule de bois, ces gens allaient vaquer à leurs occupations pour la plupart, et participer au grand chantier marocain pour les rares qui ont quelques compétences. Effectivement, ceux qui avaient le plus souffert, ceux qui militaient sincèrement, ou autres vrais intellectuels se sont joint à leurs compatriotes pour l’édification d’un Maroc nouveau. Nous les voyons – au Parti de l’Authenticité et de la Modernité en particulier – interpeller les élus et les commis de l’Etat, défendre leur partie contre l’acharnement médiatique des complices de l’intégrité territoriale … Le tout aussi calmement qu’intelligemment.

Mais d’autres, ceux-là même qui avaient fait des subventions des « pays occidentaux » leur principale source de revenus, ou encore, ceux dont on a parlé plus haut, restés sans cause à défendre, frustrés tel un général de guerre en temps de paix … ne sont désormais plus qu’un boulet au pied de notre pays, qu’ils empêchent d’avancer.
Ils salissent l’image de notre pays. Cette terre que nous avons jadis défendue de notre sang, inspirés et guidés par la conduite héroïque de Feu Sa Majesté le Roi Mohammed V. Cela, nous le refusons.

Ils veulent livrer la moitié du pays à ses détracteurs au nom d’une conception Don Quichotienne de la Démocratie. Ne savent-ils donc pas que la seule solution démocratique est celle qu’a choisie sa Majesté le Roi Mohammed VI ? une solution que ces génies d’intellectuels » n’ont jamais pensé à élaborer ? rêvent-ils du drapeau algérien sur le plus haut bâtiment de Laayoun ? Nous le refusons.

Ils veulent pervertir nos enfants, défendent à tour de bras les évangélistes et autres homosexuels … Accepteraient-ils que demain soient violés leurs enfants par un pervers, et qu’il puissent se justifier en citant leurs propres discours ? Ils l’accepteraient peut-être, ça ne serait pas surprenant ou nouveau, mais nous, nous le refusons.

L’AMDH n’est aujourd’hui qu’un ramassis de has-been et de mercenaires athéo-marxistes à la sauce uber-nihiliste. Tels des virus, ils se multiplient dans le corps de la nation en squattant les faibles esprits des jeunes.

Nous devons livrer une guerre sans merci pour annihiler jusqu’au dernier de ces parasites, à défaut de quoi nous serons pris au piège d’un pays ennemi limitrophe et d’un pays ennemi … au sein même de notre territoire.
Un seul mot d’ordre : Pas de quartier !


27 mai 2010

Internet, une zone de non-droit ?


Le billet qui suit est l'œuvre d'un invité : K_rim. Vous pouvez le lire comme une réponse à mon billet précèdent ou comme bon il vous semble.  


De l’avis de tous, notre pays a franchi d’importantes étapes sur la voie la construction de l’Etat de droit depuis l’indépendance. Cet engagement, confirmé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI avec l’introduction sage et prévoyante du nouveau concept de l’autorité n’a cessé d’être salué depuis par les gouvernements des pays les plus démocratiques et par les ONG les plus indépendantes. Ce fait n'est plus à démontrer mais il est toujours bon de le rappeler pour ceux qui rêvent encore du militantisme héroique vestige d'une époque révolue.

Cependant, face à la sagesse royale, la détermination de Sa Majesté à explorer de nouveaux horizons et donner les outils à tous les citoyens marocains de rattraper les autres pays dans la course à la mondialisation, des imprudents ne semblent pas avoir compris les règles du jeu et se cachent derrière la notion liberté d’expression qui les dépasse pour justifier des attaques traitres contre la mère patrie.
En effet, les amateurs de liberté inconditionnelle, pour la plupart des jeunes en quête de gloire éphémère qui consiste en quelques commentaires et « like » - j’aime en français - se prêtent inconsciemment au jeu des ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume en criant au scandale à n’importe quel fait-divers impliquant un fonctionnaire de l’Etat. En salissant ainsi l’image de leur pays, ils ne font que confirmer les allégations de certaines organisations dont la neutralité est plus que discutable, ou d’autres qui sont ouvertement au service d’agendas de pays étrangers.

L’exemple le plus frappant est celui de M Khalid Naciri, ministre de la Communication, Porte-Parole du gouvernement, un homme digne et honnête, qui aurait été filmé par téléphone portable et mis en ligne sur l’un de ces sites non surveillé où se mêlent pornographie aux chansons de chikhat, en passant par les films des fêtes d’étudiants ou les caricatures du prophète (saws). Bien entendu, on ne voit rien, on n’entend rien sur cette vidéo sauf la silhouette d’un homme en costume cravate, un policier et une voiture noire. Sauf que la, certains usagers du site Facebook ont vite crié au scandale, traité le fils du ministre de criminel, et son père de menteur. Pour enflammer leur camarades, ils n’ont pas hésité à demander la démission du ministre, voire de tout le gouvernement, à appeler toute la population à descendre dans les rues … et puis quoi encore !

Dans n’importe quel pays démocratique qui se respecte, la police serait intervenue dès les premiers signes pour expliquer à ces jeunes qu’il s’agit de diffamation et de publication d’une information mensongère, passibles de prison. Peut-être qu’en agissant aussi fermement, ces individus comprendraient que la liberté d’expression ne peut s’exercer que dans le cadre d’un Etat de droit, et que dans un Etat de droit, tous les citoyens sont tenus de respecter la loi.

Mais au-delà du volet répressif nécessaire pour la construction d’un pays moderne, les partis devraient jouer leur rôle constitutionnel d’encadrement des citoyens. Il est nécessaire ici de reconnaitre qu’un parti, le PAM, se distingue d’abord par la forte proportion des jeunes parmi ses militants qui ont une bonne maitrise des nouvelles technologies. Et ses dirigeants n’hésitent pas à déléguer cette tâche d’encadrement et de communication sur internet à ses jeunes qui, nous le voyons chaque jour sur Facebook ou sur Twitter, jouissent d’une aisance linguistique et font preuve de civisme sur la toile digne des partis des pays scandinaves. Toujours dans la critique constructive, ils n’hésitent pas à soigner l’image du pays de leurs parents avec intelligence et sang froid.

Nous nous devons de saluer cet engagement et inviter els autres partis à s’en inspirer car beaucoup de nos enfants croient qu’internet est une zone de non-droit où l’insulte est de rigueur, et salir la réputation d’un homme, un acte héroïque.

24 mai 2010

L'état de droit selon le Makhzan

Un ministre qui débarque en plein milieu d’une altercation entre deux citoyens pour sommer le policier qui les a arrêtés d’en libérer un ? Il n’y a rien là, du moins lorsqu’on vit au Maroc.

C’est ce qui s’est passé jeudi dernier à Rabat en face du parlement, ce symbole de la démocratie et de l’état de droit dont le Makhzan s’enorgueillit tant. Le ministre de la communication propagande marocaine Khalid Naciri s’est donc arrogé le droit de sortir son propre fils des griffes de la police, après que celui-ci ait été mêlé à une dispute avec un autre citoyen suite à un excès de rage au volant.

Cet épisode illustre à lui seul le mal qui gangrène la vie citoyenne au plusbeaupaysdumonde : Personne n’est à l’abri de l’arbitraire. Il aurait suffi par exemple que le fils de Naciri se soit battu avec un fils d’un ministre ou d’un technocrate plus haut placé que son père dans l’échelle makhzanienne pour que ça soit ce dernier qui reçoive l’immunité.  Je me rappelle d’un fait divers qui s’était produit quand j’avais 10 ou 11 ans : Un respectable homme d’affaire connu de la communauté s’était fait écraser et tué par un chauffard ivre et ce devant témoins. Il est apparu par la suite que ledit ivrogne était commissaire de police ; vous devinez la suite, le commissaire n’a jamais été inquiété et n’a même pas eu à changer de ville pour continuer à vaguer à sa mission, à savoir la protection des citoyens. Après cet épisode, j’avais compris les règles de jeu vie au Maroc.

Biensûr qu’il ne faut pas généraliser, biensûr que la vidéo glanée de l’épisode Naciri ne montre qu’un ministre fuyant la scène d’une rixe, emmenant par la même occasion son fils qui y était mêlé et protégé par la police de la vindicte populaire qui semble lui en vouloir pour d’obscures raisons , on n’a pas tous les détails mais putin que cela fait pitié.


Pour ajouter l’insulte (chetma) à l’injure (lhogra), le lendemain de ce cirque, Naciri était en déplacement à Agadir pour exprimer, ‘la ferme détermination du Maroc, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, d'aller de l'avant dans le processus de réforme de la justice.’

Malheureusement le ridicule ne tue pas.

25 avril 2010

Adèle Blanc-Sec et les valeurs de la France

En ces temps de crise économique, la France de Sarkozy semble avoir décidé de se tourner vers les 'valeurs sûres' de la droite : Ordre, Sécurité, Nationalisme identitaire. Dernièrement, une photo montrant un homme s'essuyant les fesses avec le drapeau français a eu pour effet une levée des boucliers de la part des porte-paroles de la droite pour sanctionner ce 'crime inqualifiable'.
Or, l'actualité fait parfois des pieds de nez aux politiciens sans que ceux-là ne s'en rendent même compte. Ainsi, le film "Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec", le nouveau long-métrage de Luc Besson a raflé la tête du box-office pour sa première semaine de sortie en salles.
Et personne, biensûr, ne s'est insurgé contre cela dans les cercles de la droite. Si vous vous demandez pourquoi, les héritiers de De Gaule et les amis de Le Pen devrait s'offusquer, jetez un coup d'œil aux deux photos ci-dessous extraites de l'album ''Le noyé à deux têtes''. Il en appert qu'Adèle Blanc-Sec ne porte pas vraiment le drapeau français dans son cœur.


15 avril 2010

Les nouveaux barbares, les nouveaux inquisiteurs

''Ce que veulent et désirent les nouveaux barbares, les nouveaux inquisiteurs, ce à quoi ils aspirent de tout leur corps et de toute leur âme, c'est l'astre de feu : Le soleil.
Le soleil aveuglant d'une Vérité Une et révélée une fois pour toute, sous la voûte d'un ciel incandescent. Ils sont prêts à tuer et à mourir, pour que le règne de ce ciel descende sur terre et l'embrase. Le rêve qui hante leurs regards fous et brûlants, c'est l'instauration sur terre de la cité solaire.
Dans cette cité qu'ils nous promettent, de jour et de nuit seraient psalmodiés les versets d'un livre à nul autre comparable. Nul chant profane n'y serait toléré, surtout s'il est porté par une gorge et une voix de femme. Maudite disent-ils, soit la femme qui élève sa voix, fût-ce pour psalmodier les versets du livre sacré.''
Mohamed Leftah, Au Bonheur Des Limbes

7 avril 2010

Médecins sans résidence au Québec et au Canada

Parce que j'ai connu et je connais des médecins et des pharmaciens marocains qui ont immigré au Canada et au Québec en pensant y trouver l'eldorado pour ne finalement y trouver que le désespoir et l'humiliation d'être rejetés et infériorisés, je partage ce court métrage documentaire qui illustre les différents mécanismes de discrimination qui empêchent des médecins diplômés à l'étranger d'exercer au Canada même lorsqu'ils ont obtenu une attestation de compétence des autorités médicales canadiennes. Chaque année, des dizaines de médecins se voient refuser la résidence nécessaire à l'obtention du permis d'exercice, alors que nombre de ces résidences ne sont pas comblées. Étonnamment, plusieurs médecins interviewés pour ce film ont refusé de parler à la caméra par crainte de représailles. Quel est donc le vrai problème? L'incompétence des médecins diplômés à l'étranger ou l'iniquité du système?

26 mars 2010

Femmes immigrantes subsahariennes : Coupables d'avoir été violées

Il n'y pas si longtemps, le cas d'une jeune marocaine immigrée en France qui avait été arrêtée dans un commissariat alors qu'elle venait y porter plainte et demander de l'aide,  avait soulevé l'indignation d'associations de défense des droits des femmes.  Autant en France qu'au Maroc, son pays d'origine, l'opinion publique s'en était offusquée et on avait dénoncé le fait qu'une femme déjà en situation précaire ait à subir le foudres des autorités censées la défendre.

Voilà qu'on apprend aujourd'hui que le sort des femmes immigrantes subsahariennes au Maroc n'est pas mieux (pour utiliser un euphémisme, bcp plus pire en fait). Ainsi, l'antenne locale de Médecins Sans Frontières (MSF) dénonce le traitement réservé à ces femmes qui sont violentées, violées et n'ont aucun recours pour faire face à cela.

Toujours selon MSF, plus de la moitié de ces femmes qui empruntent le passage de Maghnía (entre l'Algérie et Oujda) a subi un viol et le tiers d'entre elles a été victime de viol sur le territoire marocain.
Ces dernières ne peuvent malheureusement pas porter plainte. En effet, 'on leur interdit de rentrer dans les commissariats accompagnées des représentants des ONG. Elles doivent y rentrer seules et ce qui arrive alors, c'est qu'on ne les revoit plus qu'après qu'elles soient renvoyées en Algérie' de raconter la responsable des affaires humanitaires de MSF au Maroc.

Il est clair qu'il n'y a pas de volonté politique au Maroc pour s'attarder au sort fait à ces femmes et aux immigrants subsahariens en attente de passer à l'Europe ; la seule politique qui semble se dégager des actions des autorités est d'expulser les immigrants subsahariens arrêtés lors de rafles aléatoires (sûrement avant le passage d'un dignitaire pour rendre la place plus clean) et cela en les lâchant dans le désert sans eau et sans vivres. Biensûr que le Maroc a d'autres chats à fouetter et d'autres dossiers plus urgents à régler mais on ne peut accepter que de telles horreurs se produisent dans notre pays sans qu'on ne réagisse.

Liens :
ABC - Coupables d'avoir été violées [espagnole]
Rue89 - Au Maroc la vie sans avenir des jeunes expulsés 

12 mars 2010

L'anonymat des blogueurs *


Depuis que les blogs ont fait leur entrée dans le monde du commun des mortels et surtout depuis que les journalistes découvrent ce puissant moyen de communication, il y a un débat récurrent sur l'anonymat derrière lequel les blogueurs se cachent.  
La blogosphère (je ne sais pas si les journalistes payés pour bloguer en font partie mais passons sur cette technicalité) québécoise a été prise d'émoi pour connaître la personne derrière http://www.cliqueduplateau.com/ Les journalistes-blogueurs ne pouvaient sûrement pas accepter qu’un blog ait autant de popularité et qu’il vise juste la plupart du temps.
Je ne me suis jamais senti personnellement touché par ce brouhaha, bien que de temps en temps, et remarquez bien l’ironie, des commentateurs anonymes s’en prennent à ma crédibilité en invoquant le fait que je blogue juste avec mon prénom.
La plupart des billets publiés par les blogueurs sont des opinions ou des chroniques ou encore des textes personnels dont tout le monde se fout. En quoi alors connaitre l’identité de l’auteur de l’opinion est important ? Quant aux blogs qui publient des nouvelles originales -et ils sont rares ceux-là- le lecteur devrait être capable de discerner le vrai du faux sans se baser sur l’identité du blogueur et à ce jeu de comparaison là, il me semble que les journalistes ont plus à perdre qu’à gagner car les exemples de médias ayant publié des nouvelles fausses ou fallacieuses sont légion malheureusement.
 Quand j'ai commencé à bloguer, mon nom de famille était bien visible dans l'url de ce blog ; d'ailleurs sur certains blogs, on peut encore voir que j'ai été référencé en tant que Reda Nomdefamille. J'ai décidé de l'enlever pour deux raisons : La première c’est lorsqu'un ex-patron m'a fait part qu’il m’avait googlé et était tombé sur un de mes billets où je m’étais lâché (Je vous accorde que cela arrive souvent), sa remarque ne contenait aucun reproche mais je me suis rendu compte qu’il venait de voir une facette de moi que j’essaye (sans succès d’ailleurs) de ne pas trop montrer au travail.
Une autre raison de mon relatif anonymat, et l’actualité au Maroc m’a aidé à bien y réfléchir depuis les deux ou trois dernières années, c’est que je ne blogue pas léger.
Je m’explique : La plupart des sujets qui m’allument sont reliés à la politique, qu’elle soit canadienne, québécoise ou marocaine. Si je ne traitais que des deux premières, je pense que j’aurais laissé mon nom bien visible dans l’url de ce blog mais voilà, je blogue aussi et surtout politique marocaine, et mes positions ne sont pas vraiment tendres avec le Makhzan (quoique certains me reprocheront ma position sur le Sahara marocain), et comme je suis peut-être courageux mais pas inconscient, je n’ai pas envie de me retrouver icône d’une campagne de libération d’un blogueur emprisonné pour ses opinions. (Je veux vivre moi monsieur)
Est-ce que l’anonymat est acceptable ? Chaque blogueur a ses propres raisons qui le poussent à bloguer anonymement ou pas mais cela ne devrait pas servir à discréditer les opinions mises de l’avant. D’ailleurs, je n’hésite jamais à répondre à ceux qui attaquent les blogueurs sur ce point que rien mais absolument rien ne les oblige à continuer à lire un blog s’ils ne sont pas contents du contenu.
*J'ai hésité à donner comme titre à ce billet : Le relatif anonymat des blogueurs. Car ne soyons pas dupes, il suffit de creuser un peu pour trouver la véritable identité de tout un chacun.

Ajout :
Je viens de tomber sur une publication de Reporters sans frontières sur les droits et devoirs des blogueurs, le document en format pdf est téléchargeable ici.
On peut y lire notamment : 
''Droit à l’anonymat : le blogueur peut écrire sous un pseudo, sous un prête- nom ou ne pas signer
ses posts. Il n’a pas d’obligation de mentionner ses coordonnées personnelles directement sur son
blog.
Cependant il doit pouvoir être identifiable en cas de litige. Il est donc impératif de communiquer
certaines mentions :
• Sur son blog : nom, dénomination ou raison sociale et coordonnées de l’hébergeur
• A son hébergeur : il doit communiquer ses coordonnées personnelles. Communiquer de fausses informations à l’hébergeur est un délit. Les hébergeurs ont en outre l’obligation de conserver pendant un an les logs de connexion, dont l’adresse IP.''

4 mars 2010

Après le voile, voilà le niqab


J'avais déjà écrit tout le bien que je pensais de la mode des accommodements raisonnables. Je trouvais alors que cela n’était que passager et que l'ordre des choses (comme la polémique sur la couleur de la margarine) reprendrait sa place. 
Je me suis trompé. J'ai sous-estimé l'attrait médiatique de toute affaire impliquant des immigrants, attrait qui trouve d'ailleurs racine dans cette fascination-peur des gens (pour la plupart vivant à l'extérieur de Montréal) pour tout ce qui ne leur ressemble pas. J'ai surestimé par contre le courage politique du gouvernement Charest et sa volonté d'endiguer ce phénomène qui lui grugeait des votes à sa droite avec l'ADQ et sur son flanc souverainiste avec le PQ. Ainsi, la commission Bouchard-Taylor n'aura servie finalement qu'à être un défouloir pour tous les marginaux du Québec qui sont venu crier à son micro leurs chimères et à ce que Pauline Marois traite Gérard Bouchard d’Elvis Gratton.
Après une brève accalmie de quelques mois en 2009, on reprend les mêmes (immigrants, de préférence juifs ou musulmans, et des médias à la recherche d’attention) et on recommence. Le dernier épisode met donc en scène une égyptienne de 28 ans, pharmacienne de son état et accessoirement enniqabée*. La dame en question qui profite de cours de francisation offerts aux nouveaux arrivants s’obstine à cacher sa face pendant les cours malgré les demandes pressantes de son enseignante. L’escalade a fini par son éviction de classe après que le ministère de l’immigration du Québec s’en soit mêlé.
Je ne m’attarderai pas aux raisons pédagogiques pour lesquelles il est essentiel de voir le visage des élèves dans les échanges afin de pouvoir corriger leur élocution et de voir leurs expressions faciales. D’autres le feront mieux que moi et surtout s’y connaissent mieux que moi.
Autant pour le voile (que j’abhorre personnellement), je trouve que son interdiction en classe ou dans tout autre endroit publique ouvrirait la boite à Pandore et on devrait à ce moment là interdire tout signe religieux ou ostentatoire ; et on en finirait jamais sauf si à se trouver en France et que le racisme ne nous dérange pas ; autant pour le niqab ou la burka, je suis complètement opposé à la présence de personnes les portant dans l’espace publique. Passons outre le fait que vous nous pouvez pas identifier la personne et les conséquences sociales et sécuritaires qui en découlent, mais vous êtes vous déjà trouvé en face d’un niqab ou d’une burka ? Vous vous sentez agressés, incapables de communiquer avec l’autre et c’est vous qui finissez par être dénudés et désemparés.
Cet épisode soulève enfin un questionnement sur le travail d’Immigration Canada et d’Immigration Québec et sur leurs processus. Est-ce que ces deux organisations font un travail d’explication et de sensibilisation, auprès des demandeurs d’asile et d’immigration, pour expliquer les valeurs de la société qu’ils veulent rejoindre, ainsi que la place prépondérante de l’égalité des femmes et des hommes dans la vie de tous les jours ? Est-ce que l’enniqabée avait conscience de la galère dans laquelle elle s’engageait en immigrant au Québec ?
Nous avons tous entendu parler des histoires d’horreur de personnes à qui on a refusé la résidence permanente pour des raisons plus futiles les unes des autres, ne pourrions-nous pas baliser le processus de sélection pour éviter des situations comme celles que nous vivons présentement ?
*Personne portant le niqab.