11 juillet 2007

L'empire n'aime pas se faire contrarier !


Voici un texte paru dans le 'MédiaMatinQuébec', le quotidien produit par les «lockoutés» du Journal de Québec :

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SI T’ES PAS DU BON BORD, TON CHIEN EST MORT!

La grosse machine de Quebecor est-elle en train de décider pour les gens de Québec quels seront les journalistes habilités à rencontrer «ses» artistes? Attention, car si la tendance se maintient, la convergence entreprise par Quebecor pourrait bien se traduire par une uniformisation de la culture et un important contrôle de celle-ci par la compagnie.

Paranoïa de lock-outé? Pas du tout.

Dimanche après-midi, une journaliste du MédiaMatinQuébec devait rencontrer Zachary Richard lors d’une entrevue exclusive, après une entente prise il y a quelques semaines avec l’agente de l’artiste et à la suite de l’acceptation de ce dernier. Zachary Richard se produisait en spectacle avec Francis Cabrel en soirée, à l’occasion du Festival d’été de Québec.

Quelques minutes avant la rencontre, l’agente a annulé l’entrevue, prétextant que celle-ci n’aurait jamais été acceptée si la femme avait su que la journaliste travaillait pour MédiaMatinQuébec, le journal né du conflit de travail au Journal de Québec. Le problème vient du fait que la maison de disques de Zachary Richard au Québec est Musicor, une filiale de Quebecor.

Alors tant pis pour Zachary! Même si lui avait accepté l’entrevue depuis des semaines, Mme Musicor a décidé d’annuler. Un point, c’est tout.

Heureusement, la journaliste a pu assister à la conférence de presse comme tous les autres journalistes, car cette dernière était sous la responsabilité du Festival d’été de Québec et Mme Musicor aurait été bien mal venue de l’empêcher d’y assister. Par contre, encore une fois, cette dernière s’est interposée et a tenté d’empêcher que le photographe de MédiaMatinQuébec fasse une photo plus personnelle de Cabrel et Richard.

Qu’à cela ne tienne. Le photographe s’est adressé directement aux artistes et ceux-ci ont accepté de collaborer, faisant ainsi la nique à une agente peu sympathique.

Dangereux
Le problème pourrait en être un d’individu. Peut-être que l’agente n’aime pas les lock-outés, a peur de perdre son job ou est simplement trop zélée. Mais à MédiaMatinQuébec, nous ne le croyons pas. Il s’agit plutôt d’une tendance lourde vis-à-vis nous. Deux autres exemples. Mme Jeannette Bertrand a annulé une entrevue avec un de nos journalistes, car son livre est publié chez Libre expression (ironiquement), une autre filiale de Quebecor. Elle était mal à l’aise avec la situation, selon la version de son agente.

Autre désistement, Rita Lafontaine, qui a préféré ne pas rencontrer un de nos scribes. Quebecor serait un bailleur de fonds de son centre d’arts et elle préférait ne pas se mêler du conflit!!! Il ne s’agissait pourtant que d’une simple entrevue pour une pièce de théâtre dans laquelle elle jouait…

Inquiétant et dangereux de constater que ces artistes sont muselés. Avec MédiaMatinQuébec, on peut toujours prétexter le conflit. Mais qui sait, peut-être qu’un jour, le mot d’ordre de Quebecor à ses agents sera de ne pas permettre aux artistes de s’adresser à des médias «non québécoriens». Pas sûr que les Québécois en sortiront gagnants et que les artistes y trouveront leur intérêt.

Daniel Paquet
rédacteur en chef
MédiaMatinQuébec ''

Via Michel Dumais.

6 juillet 2007

Je m'appelle Anas et je suis tombé

Je m’appelle Anas. Je suis marocain, un peu québécois et surtout montréalais. J’ai quitté le Maroc jeune, à l’âge où on commence juste à se faire des amis, à se rendre compte de la complexité des relations avec autrui et à essayer de se trouver une petite niche.
L’arrivée à Montréal n’a pas été de tout repos : La commission scolaire de Montréal a décidé que l’enseignement que j’avais reçu jusqu’à présent n’était pas de taille, elle m’a donc fait rétrograder de trois années. Du coup, je me suis retrouvé avec des plus jeunes que moi qui n’aimaient pas trop mon accent ! Les plus vieux eux ne daignaient même pas me jeter un coup d’œil, quand ce n’était pas un regard de mépris.
Du jour au lendemain, l’école devint un vrai supplice. J’ai vite renoncé à me faire accepter, j’ai plutôt choisi de m’éclipser. Je me suis alors tourné vers ma famille : Ma sœur jumelle Khadija, Papa et Maman.
Mais même là les choses n’étaient pas aussi simples. Mes parents ont décidé de se séparer pour incompatibilités profondes : Ce n’était pas la joie.
Le temps est vite passé : Secondaire et cégep se sont enchaînés sans que rien n’ait changé. J’étais toujours aussi seul.
Je me suis tourné alors vers mes racines : J’ai commencé à chercher à savoir qui j’étais vraiment et surtout d’où est ce que je venais. C’est ainsi que j’ai trouvé une certaine paix avec la religion : Allah est grand dans sa miséricorde !
Mon âme arrivait à supporter les aléas de la vie d’un jeune homme dans la vingtaine et j’arrivais même à m’accepter tel que j’étais sans égards à la société. Je me faisais d’ailleurs un devoir d’aller à la mosquée pour prier. Moi qui n’aimait pas me réveiller avant que le soleil ne soit au zénith, je me réveillais à l’aube pour la première prière de la journée.
J’aimais sortir de chez moi alors que tout le monde dormait. La rue était toujours déserte, il y avait bien quelques chats qui revenaient de leur balade nocturne et quelques mouettes attirées par le McDo tout proche mais le calme et la sérénité qui se dégageaient des lieux étaient de toute beauté.
Cette journée là, la neige avait recouvert les quelques voitures stationnées pour la nuit dans la rue et il faisait relativement chaud pour un mois de décembre à Montréal. De toutes manières, le vent frisquet qui soulevait le bas de ma Djellaba m’amusait et chassait les relents de sommeil qui pouvaient encore m’habitaient.
Je n’ai pas remarqué sur le champ les deux voitures de police qui barraient la rue. Une fois que je m’en suis rendu compte, je me suis dit que cela devait être le résultat d’une opération de la circulation qui devait se dérouler sur le boulevard en verticale de ma rue.
Par la suite tout se passa rapidement, le policier qui me criait dessus, moi qui ne comprenait pas ce qu’il me voulait. Par contre, j’ai vu sur le champ dans ses yeux que le fait d’avoir levé mes mains ne lui avait pas plu, les deux coups partirent juste après.
Je n’aurais finalement fait que passer par Montréal. Dommage, Maman aurait été si fière de me voir graduer à l’université.

Cette nouvelle est en mémoire d’Anas Bennis tué le 1er décembre 2005 dans le quartier Côte-des-Neigess par un policier. Jusqu’à ce jour, sa famille demande toujours à voir le rapport de police, une vidéo d’une caméra de surveillance d’un immeuble adjacent et surtout qu’une enquête publique sur ce tragique décès soit instaurée.

4 juillet 2007

La haine est à nos portes

Encore une fois, mon blogueur-journaliste-chroniqueur-machinchouette-et j’en oublie sûrement-préféré a décidé de se lâcher :

‘Réveillez-vous!!! Des gens veulent VOTRE mort. Votre mort et la mort de vos proches. Pas pour vos idées. Pour ce que vous êtes, pour ce que vous représentez, parce que pour eux, vous êtes de la vermine, de la merde, vous incarnez le péché...
Ce sont des fascistes!!!! Le fait qu'ils brandissent le Coran plutôt que Mein Kempf ne les rend pas plus humains...
’


Ça me donne la chair de poule quand je lis de telles sottises, quand je me dis que cet énergumène à une chronique bien à lui au Journal de Montréal et qu’il passe chaque mercredi soir sur télé-Québec.
Je ne vais pas disserter sur la simplicité et les raccourcis de ce texte, j’espère juste que ce raisonnement ne fera pas son chemin dans la société québécoise et que nous continuerons à vivre en paix (Tout n’est pas si rose qd même) .

1 juillet 2007

Thou Art God

J’ai désespéré depuis longtemps de voir une paix régner entre palestiniens et israéliens. Je ne me fais aucune illusion quant à la complexité de la situation dans laquelle vivent les uns et la position intenable des autres.
Cependant, de temps en temps il y a des initiatives de gens de bonne foi qui n’ont pas perdu leur innocence et qui me réconcilie avec l’idée qu’un jour le bourbier du Moyen-Orient sera chose du passé.
C’est notamment le cas du projet Face2Face qui consiste à faire des portraits de palestiniens et d'israéliens faisant le même métier et de les coller face à face, dans des formats géants, à des endroits inévitables, du coté israélien et palestinien.
Je mets ci-dessous la vidéo que les deux initiateurs du projet ont réalisée durant leur séjour en Terre Sainte :




30 juin 2007

Fluffy saturday post

Ayant succombé à la vague du Web 2.0 (Yes, je me sens hot à utiliser ce terme), je me suis donc inscrit à Facebook. Je n’ai pas encore trouvé d’utilités bien spécifiques à ce service-car tout ce qu’il propose est déjà disponible ailleurs-à part le fait de regrouper plusieurs services sur une seule page et de pouvoir faire le voyeur en surfant sur les profils des autres utilisateurs.

Justement, il y a une ‘coquille’ concernant la confidentialité des renseignements lorsqu’on utilise la recherche sur Facebook : Si vous faites partie d’un réseau (Network), vous pouvez faire une recherche pour trouver les femmes de ce network qui sont par exemple chrétiennes et s’intéressants aux femmes, les hommes musulmans et s’intéressant aux hommes ou encore les hommes juifs, conservateurs et s’intéressant aux hommes (Il faut avoir un compte sur Facebook pour pouvoir vérifier).

Ainsi, on peut jeter un coup d’œil sur le profil de ces personnes et avoir plein de renseignements les concernant même s’ils ont choisi comme option de rendre leur profil privé. La solution : Il faut rendre le profil privé également aux recherches.

Via Wired.com.

29 juin 2007

Le Wisconsin n'est pas le Maroc

Ci-dessous une traduction d'un article paru dans le Charleston Daily mail en date du 28 juin 2007 où il est question de liberté d’expression, de lèse-majesté, de critique et du fait que le Wisconsin n'était pas le Maroc.
Si vous voulez lire l’article écrit pas Don surber en anglais, c’est par là.

Lundi dernier, le sénateur Russ Feingold du Wisconsin a enfin eu son compte de la part de la cour suprême des Etats-Unis. La cour a statué que le sénateur n’était pas au dessus de la critique en période électorale malgré la loi qu’il avait fait adopter et qui porte son nom : Trois juges de la cour lui ont même rappelé que le Wisconsin n’était pas le Maroc.

Feingold avait prêté son nom à la loi McCain-Feingold, appelée aussi la ‘réforme de la campagne’ mais qui est en fait une autre tentative du Congrès pour museler la critique. D’ailleurs le fait que le Président Bush ait accepté de signer une telle monstruosité montre bien que certaines critiques avaient raison quand ils se moquaient de son intelligence.

La disposition principale de cette ‘réforme’ est une restriction des publicités politiques en période électorale. Pas celles des politiciens biensûr : Les sénateurs peuvent faire passer toutes les publicités que leurs gros donateurs sont prêts à payer. Cette ‘réforme de la campagne’ ressemble à un alcoolique qui suivrait une cure de désintoxication en interdisant à sa femme de boire.

Étonnamment la cour suprême avait maintenu la loi McCain-Feingold en 2003 dans une décision rendue par la juge Sandra Day O'Connor dans un verdict partagée de 5-4.

Lorsque la juge O'Connor a pris sa retraite, John Roberts a été choisi pour la remplacer. C’est alors que le président de la cour est mort et Roberts l’a remplacé. Et c’est finalement Sam Alito qui a pris le siège de O’Connor.

Entre-temps, un procès concernant l’association Wisconsin Right to Life faisait son chemin dans le dédale de la justice. Wisconsin Right to Life avait osé faire passer des publicités juste avant les élections de 2004 pour critiquer les positions pro vie de deux sénateurs de cet état. L’un deux, Feingold, voulait se faire réélire. Les publicités de cette association violaient donc la loi McCain-Feingold.

Malheuresement, la décision du juge en chef Roberts n’a pas complètement mis aux poubelles cette loi mais une opinion exprimée par la juge Antonin Scalia indique qu’au moins 3 juges de la cour voudraient le faire.

Ce qui nous ramène au Roi du Maroc, la juge Scala écrit dans son compte-rendu :

‘Un caricaturiste marocain s’est défendu d’avoir critiqué le Roi du Maroc (la lèse-majesté étant un crime sérieux au Maroc) par ce qui suit : ‘Je ne suis pas un révolutionnaire, je ne fais que défendre la liberté d’expression... Je n’ai jamais dit qu’il faut changer de roi. Non, non, non ! Tout ce que j’ai dit c’est que certains gestes du roi, je ne les aimais pas. Est-ce que c’est un crime ?’

‘Aux Etats-Unis (en faisant abstraction du fait que nous avons des élus à la place d’un roi), c’est un crime, du moins si cette personne fait partie d’une association ou d’une corporation (incluant les associations à but non lucratif) et si l’élu est identifié par son nom et ce en campagne électorale !

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28 juin 2007

Le prosélytisme au Maroc

Je trouve toujours ça marrant mignon quand je vois que certaines personnes font dans le prosélytisme au Maroc.
Pour avoir une idée sur la question, allez écouter le reportage que Radio-Canada avait fait sur le blog de Karim.

27 juin 2007

Sacré Royaume du Maroc !

La cour de Béni Mellal a condamné Mohamed Bougrine, 72 ans, à un an de prison ferme pour « atteinte aux valeurs sacrées du Royaume ».

Non. Le monsieur en question n'était pas espion, ne faisait pas dans le détournement de fonds publics ni rien de ce genre ; il a tout simplement manifesté. et scandé quelques paroles pas du tout gentilles contre la personne du Roi du Maroc.
Je pourrais laisser libre cours à mon fiel mais je vous recommande plutôt de visiter ces sites pour de plus amples informations :

Dans un récent post, je me demandais pourquoi la Blogoma était si prompte à s'exciter pour certains dossiers qui touchent le Maroc et faisait la sourde oreille concernant d'autres, je me demande quel sera son positionnement cette fois ci ?

IDF : Faisons l'amour et pas la guerre !


Maxim (que je ne lis regarde pas d’ailleurs) fait sa couverture du mois de juillet avec des soldates de l’IDF.
À mon humble avis, si tous les éléments de l’armée israélienne étaient aussi bonnes bien foutus, les palestiniens les accueilleraient à bras ouverts.
Ces derniers devraient peut-être prendre acte de cela et essayer de copier ces tactiques de propagande communication d’Israël. Mais ce n’est pas demain la veille que le Hamas laisserait faire ça.
D’autre part, quelques féministes de la Knesset se sont insurgés contre l’utilisation de telles images pour promouvoir la diversité des éléments de l’IDF.

Elles doivent avoir raison, déjà que le Président israélien est sous enquête pour agression sexuelle...