Pensées, réflexions et opinions sur l'actualité politique, sociale et économique ainsi que des billets plus personnels.
2 mai 2017
Le triomphe de la médiocrité
2 avril 2017
Sept milliards de dirhams...
7 milliards de DH ! Oui ! Sept milliards de dirhams ! Voilà ce que le programme de Tanger métropole nous coûte.
Je ne vais pas vous la faire à la Omar Balafrej عمر بلافريج et vous donner l'équivalence de ces 7 milliards de DH en écoles ou en hôpitaux. Non ! Je vais juste vous énumérer ce que le citoyen lambda a réellement vu de cette manne financière tombée sur Tanger, grâce à la Volonté Royale, et ce à travers quelques initiatives.
Le plus gros changement a été au niveau des lampadaires ; ils ont changé les candélabres préexistants par des nouveaux, plantés les uns à la suite des autres à moins de dix mètres de distance... (quelqu'un a des indices sur le comment du pourquoi de l'octroi de ce juteux marché ? By the way ). Faut dire que les premiers étaient parfaitement fonctionnels et avaient surtout l'avantage de ne pas aveugler les automobilistes...
Ils ont aussi "casablanquisé" Tanger : ils ont construit deux simili tunnels, l'un à l'entrée de Tétouane et l'autre à l'entrée de Rabat. Quel a été l'Impact sur le trafic automobile ? Seul Allah le sait en l'absence de chiffres officiels...
Un autre changement a été au niveau des terrains vagues : là où l'œil du citoyen tombait sur des détritus et des sdf, ils ont monté des monticules de terre et planté du gazon dessus ! Comme si nous vivions en Suède et que le Maroc ne connaissait pas de problèmes liés au stress hydraulique... Ceci dit, j'avoue que c'est super beau quand tu conduis ou que tu cours...
Et puis, il y a les palmiers ! Ils ont poussé comme des champignons ! Partout à Tanger, le long des boulevards (et là, la même réflexion se pose que pour les candélabres : Le marché...)...
Depuis quand Tanger est connue pour ses palmiers ? Je ne sais pas. Tanger n'est pas Marrakech (Allah merci !), mais faut croire que dans la tête de certains c'est du pareil au même... Alors, on déracine les arbres du "boulibar" pour planter des palmiers, là où des oiseaux avaient un écosystème bien à eux et puis nous, pauvres tangérois, on avait l'habitude de marcher le long du "boulibard" et écouter leurs gazouillis qui effaçaient le bruit des autos et les commentaires machistes....
Et là, samedi dernier à 3h du matin, pour ajouter l'insulte à l'injure, ils ont décidé de déraciner des arbres et planter d'autres de la même espèce pour camoufler je ne sais quel acte...
J'ai toujours tendance à dire hamdoullah mais là faut pas trop nous prendre des imbéciles...
#Tanger #Maroc #polma
3 septembre 2015
Demain c'est jour de vote
Demain c’est jour de vote et pourtant j’hésite sérieusement à y aller.
4 février 2015
Un Syriza au Maroc ?
8 juillet 2014
Tanger-Métrople, le volet infrastructures
19 août 2013
Six mille morts et alors ?
Les accidents de la route au Maroc font chaque année plus de 4 000 morts et causent des dégâts matériels estimés à 14 milliards de dirhams, soit environ 2% du PIB ; quant aux accidents du travail, les seules statistiques dont on dispose concernent le BTP : Ils seraient près de 2000 ouvriers à perdre la vie chaque année sur les chantiers.
Bizarrement, malgré quelques articles qui paraissent à chaque année dans la presse, ce phénomène (comparable à une guerre civile) ne semble pas attirer l'attention des pouvoirs publiques ou de l'opinion publique. Le Maroc d'ailleurs vient tout juste de se conformer aux normes de l'OIT l'organisation internationale du travail.
Malgré un nouveau code la route sensé tacler l'hécatombe sur nos routes, le résultat est famélique. Quant aux accidents du travail, les employeurs (seules 13 000 sur 50 000 unités de BTP au Maroc sont, à l’heure actuelle, déclarées à la CNSS) continuent à ne pas s'assurer et fuient leurs responsabilités.
En attendant une prise de conscience, continuons à manifester en masse pour ce qui se passe en Égypte, à appeler à manifester pour les abus contre les subsahariens et à suivre les élucubrations des chroniqueurs de Hespress.
3 août 2013
Onze mineurs violés, trente années de réclusion et une grâce royale.
Sous d'autres cieux, on en serait déjà à deux ou trois démissions, une motion de censure contre le gouvernement et à quatre ou cinq points de presse et à des excuses officielles.
On se serait attelé à établir la chaîne des responsabilités en toute transparence en s'appuyant sur le dahir 1.77.226 qui stipule que le comité qui octroie la grâce est composé du ministre de la justice, du directeur du cabinet royal, du président de la chambre haute et de hauts fonctionnaires.
Tout ce que nous avons eu c'est un communiqué burlesque du ministre de la justice où il se déclare inapte "à commenter une décision de deux souverains". Comme si nous nous étions pas déjà assez rendus compte tous seuls de l'inaptitude de ce gouvernement à régler le moindre de nos soucis. Alors pour sauvegarder l'honneur de nos enfants, on repassera.
Quant à M. Benkirane, son réservoir d'indignation, il l'a épuisé jeudi pendant le conseil des ministres en s'en prenant à une citoyenne qui aurait insulté un policier de la circulation. Du coup, il n'a pipé mot sur la grâce royale. Quand on sait que selon le rite malékite, un pédophile est passible de lapidation, on est en droit de se demander si vraiment le PJD est un parti islamiste.
Les seuls partis politiques ayant aborder cette tragédie sont le PAM et le PSU, sinon c'était silence radio.
Du côté des médias officiels de l'état, même silence assourdissant ; s'il a été question de jeunes c'est pour nous informer que "Sa Majesté le Roi lance trois projets solidaires dédiés à la femme et aux jeunes", rien sur une éventuelle grâce à un pédophile. Le résultat en est que la majorité des marocains ne sont pas au courant de cette tragédie ; heureusement que France24 et Aljazeera en ont fait mention dans leur téléjournal.
Comme si la situation n'était pas assez irréelle, hier lors des sit-in organisés dans différentes villes du Maroc, les autorités n'y sont pas allés de main morte et ont brutalisé et tabassé nombre de manifestants comme si on voulait nous communiquer que "La vie des marocain(e)s ne vaut rien."
Parlons-en de ces manifestants rudoyés, loin du cliché des gens du 20 février, il s'agissait de jeunes professionnels, de familles ayant des enfants en bas âge. Des gens apolitisés qui venaient juste crier leur indignation sans aucune demande politique ; à la fin de la soirée, les autorités ont réussi à faire d'elles des militants anti-régime. Le nombre de témoignages de gens qui défendaient bec et ongles le régime les deux dernières années et qui déclarent leur ras-le-bol après les événements d'hier est surprenant. Le régime en s'en prenant à eux, se les a aliénés. Sur une note plus personnelle, je tiens à exprimer mon admiration et tout le respect que je voue aux personnes que je connais ou pas qui sont sortis hier.
Enfin, cette tragédie en plus de nous mettre devant nos contradictions internes a mis à mal l'image et la réputation du Maroc, combien de titres de la presse international avec Maroc et pédophilie associés ? Le gouvernement est-il à ce point obnubilé par sa survie et par sa politique politicienne qu'il fait l'autruche ? Et le cabinet royal qui a pris part à cette tragédie, n'a-t-il pas des explications à nous fournir ?
Dans quel monde ces gens là vivent-ils ? Quelles peuvent bien être leurs valeurs pour avoir laissé une telle tragédie avoir lieu et surtout continuer dans leur mutisme maintenant qu'elle a été ébruité ? Et comment peuvent-ils encore se regarder dans un miroir ?
16 mai 2013
Que reste-t-il du 16 mai 2003 ?
Dix ans après que reste-t-il de ces tristes événements dans notre mémoire collective ? Les casablancais ont vécu ce drame dans leur chair et s'en souviennent mieux que quiconque ; mais qu'en est il du reste des marocains ?
Après la vague d'arrestations, de condamnations et la récupération politique de ces attentats pour s'en prendre aux mouvements islamistes, l'état marocain a vite balayé ces attentats et passé à autre chose ; car, ne l'oublions, ces événements sont l'expression de l'échec de la politique du tout sécuritaire. Jusqu'à ce jour, nous ne savons pas exactement qui a été l'instigateur de ces attentats.
Les raisons sociales qui pourraient expliquer le naufrage de certains des kamikazes sont encore là : Un tour à Sidi Moumen (d'où sont originaires la plupart des terroristes) suffit pour se rendre que rien n'a été fait pour améliorer les conditions de vie de ses habitants.
Quant aux raisons religieuses, les diatribes d'un Nhari, les opinions du conseil des oulémas sur l'apostasie ou encore les réactions nauséabondes de certains ministres à la dernière sortie de Assid sont autant d'indices qui prouvent qu'aucun travail n'a été réalisé sur ce volet pour faire face à l'obscurantisme. Même que face à la popularité du PJD et de Al Adl Wal Ihsane, l'état marocain au lieu de les contrecarrer a plutôt choisi la voie de la surenchère avec Allah seul sait quels résultats au bout du compte.
À une connaissance à qui je faisais remarquer que nous n'avons pas su entretenir un devoir de mémoire sur le 16 mai 2003, sa réponse laconique résume bien l'état d'avancement de notre démocratie : "Parce que nous avons réalisé ce devoir de mémoire pour les années de plomb ? "
26 janvier 2012
Tahar Ben Jelloun devrait se trouver un autre sujet qui lui tienne à cœur
Ainsi, il a commis
L'expertise religieuse de Ben Jelloun n'étant pas intrinsèquement exclusive, il a tendance à s'attaquer aux questions de santé publique ; ainsi, il s'est porté à la défense des porcs en Égypte en y voyant justement un complot ourdi par les islamistes contre ce noble animal
2011 ayant été l'année du 'printemps arabe', Tahar n'a pu s'empêcher de sortir un ''essai écrit à chaud sur un sujet qu'il connait bien et qui lui tient à coeur de faire comprendre'' (l'expression ici n'est pas de moi bien sûr mais de son éditeur) au commun des mortels...
Dans cet essai, et ce dès les premières lignes, il nous sort
''On déplore souvent dans les débats à la télévision ou à la radio ''le silence des intellectuels arabes''. Depuis que le monde arabe [...] vit sous des dictatures [...], les intellectuels ne se sont pourtant jamais tus ni résignés à vivre dans le mépris et l'humiliation. [...] La liste est longue de ceux qui ont perdu leur vie en défendant les droits de l'homme.[...]
Alors, de grâce, ne nous envoyez plus à la figure cette critique sans fondement : ''les intellectuels arabes ne réagissent pas''. Non seulement ils réagissent, mais ils prennent chaque fois des risques qu'aucun intellectuel occidental n'a jamais pris''
Je vous laisse juger de vous-même si Ben Jelloun fait partie de cette liste d'intellectuels. En 1987, accordant une entrevue à Pivot, il déclarait : ''Je rend grâce au Roi, parce que c'est quelqu'un que j'estime et je respecte''. Puis, en 2011 après les révoltes dans certains pays arabes, il déclarait : ''Hassan II est un peu comme Moubarak, on vivait sous un régime policier avec tortures, disparitions.''
Un peu plus loin, il revient à son grand dada : L'islamisme. Ainsi, écrit-il :
''Enfin, ce printemps signe la défaite de l'islamisme. Les militants islamistes furent absents et surpris par l'ampleur des manifestations. De nouvelles valeurs -en fait de vieilles valeurs- ont envahi le champs de la contestation arabe : Liberté, dignité, justice, égalité.''
Depuis que Tahar a griffonné ces lignes, les islamistes ont gagné les élections en Tunisie et en Égypte
Dans le chapitre consacré au Maroc, on retrouve le Ben Jelloun qui répondait à Bernard Pivot en 1987, sauf que de nos jours, c'est Mohamed VI qui a toute son estime et son respect à la place de feu Hassan II :
''Si le Maroc était encore sous la coupe de Hassan II, si les 'années de plomb'' étaient encore d'actualité, sans hésitation, le peuple marocain aurait fait sa révolution. Mais le Maroc n'est plus là. Avec Mohamed VI, les réformes ont commencé peu après son accession au trône en juillet 1999.''
et il continue
'' ''Plus jamais ça !'' Tel était le message du roi. Depuis, il n'y a plus de torture dans les commissariats, plus d'arrestations arbitraires, plus de prisonniers politiques. Des policiers un peu trop zélés commettent évidemment encore des bavures. Les rapports d'Amnesty International et de Human Rights Watch, ainsi que ceux de la Ligue marocaine des droits d l'homme, indépendante du pouvoir, permettent d'en avoir la confirmation. Seule la lute contre le terrorisme reste très radicale dans ses méthodes.''
Ce paragraphe devrait être enseigné dans les cours de logique. Il commence par affirmer qu'il n'y a plus de torture pour finir par affirmer le contraire. Mais vous aurez compris qu'au nom de la lutte contre l'islamisme, il est permis d'utiliser des méthodes plus musclées, chacun sait d'ailleurs que les islamistes ne pourraient avoir les mêmes droits que les autres.
Le Maroc que Tahar décrit dans ce paragraphe est celui qui vient de connaître 3 immolations de diplômés chômeurs la semaine dernière. C'est celui également des procès politiques de Mou3ad L7a9ed et de Mehdi Moujahid, arrêté pour avoir porté dans un match de handball une pancarte où était inscrit : 'Vive le Peuple'. Ce Maroc est aussi celui où Mohamed VI conserve tous ses pouvoirs et décide de la tournure des évènements (Voir la nomination des ambassadeurs) et nomme à ses côtés des conseillers que le peuple justement et le mouvement de contestation du 20 février considèrent comme corrompus.
Je pourrais continuer à énumérer toutes les énormités que contient cet 'essai' mais mon abnégation a ses limites et il me semble que ce florilège est assez révélateur.
Enfin, cet essai a été récompensé par le Prix de la paix Erich-Maria-Remarque. Comme quoi c'est en écrivant n'importe quoi qu'on gagne n'importe quel prix...
27 décembre 2011
L'exception marocaine
M. Moncef Marzouki, le nouveau président tunisien, dans la vidéo ci-dessus, déclare en parlant des palais du dictateur Ben Ali : ''Ce monsieur avait un château là, un autre par là, c'était juste inimaginable, [...], tous ces châteaux pour une seule personne ! Imaginez ! Il passe une journée par année dans un de ses châteaux... Et les gens meurent de faim... Pourquoi tous ces châteaux ? Moi, je considère cela le geste d'un mécréant : Des gens meurent de faim et une seule personne possède quatre châteaux ! C'est simplement inacceptable ! [...]''.
Au Maroc, selon la loi de finances pour l’année budgétaire 2011, les dépenses de fonctionnement liées au Roi et à la Cour royale étaient au total de 2.433.719.000 DH (deux milliards quatre cent trente-trois millions sept-cent-dix-neuf mille dirhams), soit à peine moins que le budget de fonctionnement du ministère de la justice (2.572.060.000 DH), et plus que celui des affaires étrangères (1.799.257.000 DH)), des habous (1.574.348.000 DH), de l’équipement et des transports (775.943.000 DH), du développement social (353.288.000 DH) ou même de l’agriculture (2.000.892.000 DH).
Cependant, toute comparaison entre les deux pays est totalement illusoire et ne saurait être que le geste d'un nihiliste sanguinaire recevant ses ordres d'Alger.
Update : Comme l'actualité fait bien les choses : On apprend que la Maison Royale espagnole ne reçoit de l'état ibérique que neuf millions d'euros par année. Encore là, toute comparaison serait futile...