6 décembre 2011

Business as usual



Le Roi vient de nommer 28 ambassadeurs. Rien de nouveau sous le ciel diplomatique du Maroc : Les sujets de Sa Majesté sont habitués à voir, sur les chaînes nationales, ces messieurs et ces quelques rares dames s'agenouiller, baiser la main du Roi et accepter leurs lettres d'accréditation. Mais il y a un hic, la nouvelle constitution,  adoptée en grande pompe à 98% par les électeurs marocains avec un taux de participation de 73% , stipule que le Conseil des ministres doit délibérer sur la nomination des ambassadeursChose que le Conseil des ministres sortant n'a pas fait et que le futur Conseil ne peut réaliser bien sûr, Monsieur Benkirane en est encore au stage des pourparlers avec tout ce qu'il y a comme faune politique au Maroc.

Justement, M. Benkirane est passé par la télé nationale pour communiquer son plan d'action aux marocains ; chose très louable d'ailleurs, surtout si on tient compte du fait que le premier ministre sortant était trop effacé et que Sa Majesté ne donne pas d'interviews aux médias nationaux.

M. Benkirane a eu la gentillesse de revenir sur sa rencontre avec Sa Majesté lorsque ce dernier l'a convoqué (oui, le Roi convoque) pour le nommer à la tête du prochain gouvernement marocain. Le compte rendu qu'il en fait est assez précis : Il affirme « Bien sûr quand j’ai rencontré Sa Majesté le Roi, je ne faisais que l’écouter ». Il dit aussi : « je lui donnais du `’Votre majesté ‘ , des fois ‘ Sidna’ et des fois ‘Sidi Mohammed’ » . Il dit: « je lui ai présenté mes excuses et je lui ai dit ‘Votre Majesté, tout ça est nouveau pour moi, c’est la première fois que je vous rencontre en direct, pardonnez-moi Sidi Mohamed’ » . Il dit: « Sa Majesté m’a répondu : ‘Sidi Mohammed me va bien, j’ai le meilleur prénom, celui du prophète ». Il dit: « Que Dieu bénisse [Sa Majesté], j’ai rien à dire ».

Donc, nous avons d'un côté le palais qui délimite ses chasses gardées (de manière inconstitutionnelle ou en nommant des conseillers à la va-vite ) et de l'autre, un premier ministre qui ne 'fait qu'écouter' et qui 'n'a rien à dire'...
Quelles conclusions en tirer ? Que M.Benkirane ne veut pas heurter de front les prérogatives royales ? Que rien n'a vraiment changer au Maroc et que les grandes décisions sont toujours prises par des non-élus ? Que le 20 février a encore sa place dans la place publique ? 
Chacun arrivera à la conclusion qui lui sied le mieux, une chose est cependant sûre, le chemin vers un véritable état de droit démocratique est encore long.



1 commentaire:

Anonyme a dit...

On est loin d'une veritable democratie. Tres tres loin!!!