Ainsi donc Erraji a été acquitté de toutes les accusations (lesquelles d’ailleurs ?) auxquelles il faisait face ; aussitôt ce malheureux épisode clos, on apprenait qu’un membre de la famille royale (qui paraît-il est une famille comme toutes les familles marocaines) tirait à bout portant sur un policier qui avait osé l’arrêter, descendait apparemment calmement de sa Lexus, traitait le policier d’insecte malsain et lui assénait un coup de pied (Ces détails sont là pour épater la galerie biensûr et ne sauraientt être sujets à discussion). Dans n’importe quel autre pays qui se respecte, les policiers appelés en renfort n’aurait fait qu’une bouchée du criminel qui aurait osé tirer sur un des leurs mais pas au Maroc : Les policiers ont pris sur eux de raccompagner le ‘Chrif’ (à ne pas confondre avec Shérif) et de lui trouver une excuse pour le sortir du mauvais pas où il se trouvait : Il était semble-t-il atteint de la maladie de Korsakoff et aux dernières nouvelles il se faisait soigner en Europe (Aux frais des contribuables marocains sûrement !).
Ce dernier épisode est symptomatique d’ailleurs d’une certaine mentalité marocaine (Il ne faut pas généraliser je sais mais étant marocain, j’ai le droit de décocher qq. flèches vers les miens comme les noirs ont droit d’utiliser le N word et pas les autres). Je m’explique : Les marocains ont été conditionnés à accepter qu’il y avait deux catégories de citoyens, la populace et ceux d’en-haut qui ont des connexions ou ont la chance d’être nés dans une ‘bonne’ famille. Ils l’ont si bien été qu’ils acceptent cet état de fait et intègrent dans leurs comportements des gestes et des coutumes pour perpétuer cela. Dans la vie de tous les jours, les marocains sont témoins de cela : Une voiture grille un feu rouge, le policier arrête le fautif, celui-ci n’a qu’à lui dire qu’il est de la famille de telle personne ou qu’elle est cette personne pour que le policier le salue et arrête les autres voitures pour qu’il puisse reprendre son chemin ; tout le monde (il est beau, il est gentil) fait la ligne dans une administration publique, il suffit qu’un personnage ‘important’ arrive pour que le directeur de l’administration lui-même sorte pour le servir et biensûr personne n’osera protester. It is the way it is comme on dirait. Tous les discours sur l’état de droit et la transition démocratique ne sont que poudre aux yeux ; au Maroc, il vaut mieux être du bon côté de la force ou fermer sa gueule et surtout accepter son sort.
L’épisode Erraji a révélé ou plutôt permis de constater que ce phénomène pouvait également être observé chez certains membres de la Blogoma qui ont été assez prompts à traiter Erraji de fautif et trouver surtout plein d’excuses superficielles pour justifier les actions du Makhzen(Blame the victim !). Ils ont été assez rapides également à vouloir imposer des balises directives et des lignes à ne pas franchir. Moul a disséqué cela dans un billet très bien structuré dont je retiens surtout le fait que certains blogueurs voudraient importer sur le net toutes les tares de la société marocaine et surtout l’état d’esprit que j’expliquais plus haut.
Au moins avec l’affaire Erraji, les positions et les intentions de la plupart des blogueurs sont maintenant claires.
Pensées, réflexions et opinions sur l'actualité politique, sociale et économique ainsi que des billets plus personnels.
Aucun message portant le libellé Justice. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Justice. Afficher tous les messages
4 octobre 2008
Un pays conditionné à se prosterner
S'abonner à :
Messages (Atom)